Afrique

Burkina Faso : l’ONU "gravement préoccupée" par la suspension des activités des partis politiques

- Et exhorte les nouvelles autorités à "annuler immédiatement cette décision arbitraire et à protéger efficacement tous les droits de l’homme"

Nadia Chahed  | 08.10.2022 - Mıse À Jour : 08.10.2022
Burkina Faso : l’ONU "gravement préoccupée" par la suspension des activités des partis politiques

Burkina Faso

AA/Ouagadougou/Dramane Traoré

L’Organisation des Nations unies s’est dite "inquiète" de la décision, du pouvoir militaire issu du coup d’Etat du 30 septembre dernier, de suspendre les activités des partis politiques, a-t-on appris samedi, de source officielle.

"Nous sommes également profondément préoccupés par la décision de suspendre toutes les activités politiques et de la société civile", a déclaré vendredi, dans un communiqué, Seif Magango, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH).

Le HCDH exhorte ainsi les autorités militaires à "annuler immédiatement cette décision arbitraire et à protéger efficacement tous les droits de l’homme", a précisé la même source.

En rappel, à la suite du coup d’Etat du 30 septembre 2022 qui a porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré, un certain nombre de mesures dont la suspension de la Constitution et les activités des partis politiques et des organisations de la société civile avaient été prises par les nouvelles autorités.

Si la Constitution a été rétablie mercredi soir, suite à l’adoption de d’un "Acte fondamental" qui autorise Traoré à exercer les fonctions de chef de l’Etat en entendant la désignation d’un président militaire ou civil lors des assises nationales les jours à venir, la mesure de la suspension des activités des partis politiques et de la société civile n’est pas encore été levée.

Le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU a salué les déclarations des autorités militaires selon lesquelles elles respecteront les "engagements internationaux du pays, y compris ceux liés à la promotion et à la protection des droits humains".

"Cependant, nous restons préoccupés par les multiples allégations de violations des droits de l’homme qui continuent d’être rapportées dans de nombreuses régions du pays", a regretté M. Magango.

Le Haut-Commissariat a également demandé aux autorités actuelles de "condamner sans équivoque tous les cas de discours de haine et d’incitation à la violence, où qu’ils se produisent, et de veiller à ce que les coupables soient tenus responsables conformément à la loi".

L’ONU a en outre, exhorté Ouagadougou à ouvrir rapidement des enquêtes approfondies et impartiales sur tous les décès et blessures liés au coup d’État - y compris "ceux d’au moins quatre personnes tuées et huit autres blessées lors de pillages et de manifestations pro-coup d’État depuis le 30 septembre", a-t-elle souligné.

Plus largement, le HCDH reste préoccupé par "la situation sécuritaire et humanitaire désastreuse" à laquelle est confrontée la population civile dans les régions du Centre-Nord et du Sahel où les populations "sont quotidiennement menacées de violence par des groupes armés terroristes".


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