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RDC : l’ONU et des ONG déplorent le massacre d'un site de déplacés en Ituri

Nadia Chahed  | 02.02.2022 - Mıse À Jour : 02.02.2022
RDC : l’ONU et des ONG déplorent le massacre d'un site de déplacés en Ituri

Kinshasa


AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa

L'ONU et des organisations humanitaires ont condamné le massacre perpétré dans la nuit de mardi à mercredi, par un groupe armé contre un site de déplacés dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Bintou Keita, Cheffe de la mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) “condamne avec la plus grande fermeté l’attaque meurtrière d’un site de déplacés à Savo, territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri”, selon un communiqué de la mission onusienne.

“Les Casques bleus se sont rendus sur place pour stopper les tueries et repousser les assaillants”, selon la MONUSCO, qui n’a toutefois fourni aucun détail sur l’identité des assaillants.

Les autorités et les organisations de la société civile accusent la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), qui prétend défendre les intérêts de la communauté Lendu et attaque principalement les membres de la communauté Hema, d'être derrière cette attaque.

L’attaque de Savo est la dernière d'une série d'attaques brutales en Ituri. Cette localité abrite plus de 24 000 personnes qui ont fui les violences dans le territoire de Djugu en 2019.

"Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais aucune justification pour les attaques contre les civils. Les responsables doivent être tenus de rendre des comptes.", a déclaré Caitlin Brady, directrice du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) en RDC.

Les premiers rapports indiquent que 59 civils ont été tués et 40 autres blessés. Le directeur d'une école de la région, soutenue par le Conseil norvégien pour les réfugiés, a indiqué que deux de ses élèves figuraient parmi les morts. Les assaillants ont utilisé des armes à feu et des machettes pour attaquer les occupants du camp, Selon un communiqué de cette organisation internationale humanitaire.

“On observe une forte recrudescence des attaques délibérées et ciblées des groupes armés contre les personnes déplacées en Ituri. En plus de l'attaque la plus récente, environ 68 personnes ont été tuées dans des attaques contre cinq camps différents dans la même zone depuis novembre 2021”, déplore le NRC.

“Nous exhortons les autorités congolaises à redoubler immédiatement d'efforts pour assurer la protection des civils et à prendre des mesures concrètes pour s'attaquer aux moteurs du conflit dans l'est du pays", a déclaré Brady.

L’homme politique congolais, Moise Katumbi, ancien gouverneur de la province du Katanga et actuel allié du président congolais Felix Tshisekedi, a appelé dans un communiqué, à ne pas se laisser “gagner par l’indifférence et la résignation”, car “le sang versé de ces innocents ne peut rester impuni”.

Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), projet porté par Human Right Watch et le groupe d’étude sur le Congo (GEC) ont fait état d’au moins 40 civils tués par armes blanches dans le site de déplacés. Des responsables administratifs et la société civile ont chiffré à plus de 50 le nombre de morts.

Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri, a évoqué dans une déclaration à l’agence Anadolu, un bilan provisoire de 21 morts.

La province de l'Ituri et celle voisine du Nord-Kivu sont secouées par des violences depuis plus de 25 ans. Une situation qui a poussé le président Félix Tshisekedi à les placer depuis mai dernier sous état de siège, une mesure exceptionnelle qui donne les pleins pouvoirs à l'armée et à la police. Cette mesure non encore délimitée dans le temps n'a toutefois pas permis de réduire les violences dans la région.

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