"C'est une affaire importante" : Trump compare la condamnation de Le Pen à ses propres affaires judiciaires
– Le président américain dénonce une "persécution politique" et voit dans la condamnation de Marine Le Pen un miroir de ses propres déboires judiciaires

Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
Donald Trump a vivement réagi, ce lundi, à la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, estimant que la sentence prononcée à l’encontre de la figure de proue du Rassemblement national soulève des interrogations démocratiques. Il a qualifié l’affaire de « très importante », affirmant qu’elle faisait « penser à notre pays ».
Par voie de déclarations relayées par plusieurs médias, le président américain a exprimé sa solidarité avec la responsable politique française, elle aussi candidate de premier plan à la prochaine élection présidentielle.
« Beaucoup de gens pensaient qu’elle ne serait pas condamnée (…). Elle a été interdite de se présenter pendant cinq ans, et elle était la candidate en tête. Cela fait penser à notre pays, cela ressemble beaucoup à notre pays », a-t-il affirmé.
Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, assortis de cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate et d’une amende de 100.000 euros.
La présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis, a motivé cette inéligibilité immédiate en soulignant « le trouble majeur à l’ordre public » qu’aurait représenté une candidature présidentielle d’une personne déjà condamnée en première instance. La dirigeante nationaliste a quitté la salle d’audience avant la fin de l’audience.
L’affaire concerne un système de rémunérations fictives d’assistants parlementaires européens, un montage mis en place au Parlement européen dans les années 2010. Le Pen, comme plusieurs anciens eurodéputés du RN, est accusée d’avoir détourné près de 300.000 euros. Elle a toujours nié les faits.
Le parallèle avec Donald Trump s’impose dans la bouche du président américain. Lui-même a été condamné en janvier 2025 dans l’affaire dite « Stormy Daniels », pour falsification de documents comptables liés à des paiements à une actrice de films pornographiques, afin de dissimuler une relation présumée pendant la campagne de 2016. En mai 2024, Trump avait été reconnu coupable de 34 délits. Le tribunal de New York l’a ensuite dispensé de peine, mais la condamnation reste inscrite à son casier judiciaire.
À ces accusations s’ajoutaient d’autres affaires, notamment la tentative présumée d’inverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020 et la conservation illégale de documents confidentiels. Ces procédures ont été suspendues après sa victoire à l’élection présidentielle de novembre 2024. Le président américain dénonce depuis des mois une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Plusieurs soutiens de Trump à l’international ont, eux aussi, critiqué la condamnation de Le Pen. Elon Musk a fustigé un « abus du système judiciaire » et averti d’un « retour de bâton ».
L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, lui-même frappé d’inéligibilité, a dénoncé une « persécution ». Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a évoqué une « violation des normes démocratiques », affirmant que les capitales européennes n’hésitaient pas à « dépasser le cadre de la démocratie ».
En France, la défense de Le Pen a annoncé son intention de faire appel. Aux États-Unis, les déboires judiciaires de Trump ne l’empêchent pas d’exercer la plus haute fonction de l’État.