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Pays-Bas : les boulangeries risquent de fermer à cause de la crise énergétique

- Elles ne peuvent pas supporter les coûts qui ont rapidement augmenté ces derniers temps

Abdullah Aşıran  | 02.11.2022 - Mıse À Jour : 02.11.2022
Pays-Bas : les boulangeries risquent de fermer à cause de la crise énergétique

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AA / Rotterdam – Schiedam / Abdullah Aşıran

Les boulangeries aux Pays-Bas risquent de fermer à cause de la crise énergétique qui secoue actuellement l'Europe.

Les prix de l'électricité et du gaz ont rapidement augmenté ces derniers temps aux Pays-Bas.

Certaines boulangeries qui ont été affectées par cette situation ont fermé, faute de pouvoir supporter les coûts.

Les boulangers ont pris des mesures pour réduire ces effets et consommer moins d'énergie mais la production de pain et d'autres produits nécessite un travail de longue durée, ce qui veut dire une consommation d'électricité et de gaz très élevée.

Hasan Atik, un boulanger de la ville de Schiedam, a déclaré à l'Agence Anadolu que les boulangeries ont été "extrêmement" impactées par la crise énergétique.

Atik fait ce travail depuis 23 ans et fait remarquer que tout dépend du gaz dans les boulangeries.

"Auparavant, la facture énergétique qui était de 1 800 euros, s'est élevée maintenant à 5 400 euros, a-t-il expliqué. C'est un coût très élevé pour nous."

Il a ajouté qu'il n'y a plus de chose à faire face à cette situation.

"Nous avons décidé de réduire notre production et de ne pas utiliser souvent la four, a dit Hasan Atik. Nous essayons de ne pas produire les types de pain dont la cuisson prend beaucoup de temps. Nous envisageons de ne pas faire du pain de Trabzon."

Atik a expliqué qu'ils ont augmenté les prix de vente des produits mais que cela n'a pas suffit.

"Nous avons changé certains prix mais c'est extraordinaire pour les clients, pour un budget, même 25 ou 30 centimes, c'est beaucoup. Le pouvoir d'achat du peuple a beaucoup baissé", a-t-il noté.

Le boulanger dit attendre de la part du gouvernement et des sociétés d'énergie, une solution urgente pour les commerçants. Il a mis en garde contre le risque de fermeture des boulangeries dans trois ou cinq mois.

Pour sa part, Zeki Solmaz, boulanger depuis 30 ans à Rotterdam, a déploré la crise qui a le plus touché son secteur.

Comme Atik, Solmaz a lui aussi mis l'accent sur le niveau élevé des prix du gaz et de l'électricité.

"Actuellement, je paie trois fois plus qu'auparavant. Je payais 1 600 euros avant, après la fin de mon contrat avec la société d'énergie, j'ai payé 5 600 euros comme facture. Je n'ai même pas encore reçu la facture annuelle. J'estime que ce sera un montant de 20 à 30 mille euros. C'est ce qu'ont dit les autres boulangers", a expliqué Zeki Solmaz.

Il a affirmé qu'ils ont pris des mesures pour réduire leur consommation malgré les conditions difficiles.

"Nous n'allumons plus certaines lampes. Nous faisons fonctionner qu'une seule partie du four. Nous essayons d'économiser mais nous devons consommer du gaz et de l'électricité pour produire. Les réfrigérateurs et le four doivent fonctionner. Nous n'avons pas beaucoup de moyens pour économiser, en effet, c'est très difficile pour les boulangeries. Ces mesures ne suffisent pas. Si ça continue ainsi, la majorité des boulangeries feront faillite. Nous travaillons toute la famille ici, nous avons un seul employé. Nous n'avons pas un revenu ou un salaire en tant que famille. Nous dépensons nos anciennes épargnes", a déclaré Zeki Solmaz.

Le boulanger a aussi critiqué les informations sur le taux d'inflation qui est de 10%.

"Je ne sais pas comment c'est calculé. Je regarde les produits que j'achète, leur prix ont augmenté de 80% au moins. Il y a même certains produits dont le prix a augmenté de 100% voire 300%. nous avons observé quatre ou cinq vagues d'augmentation des prix de ce que nous achetons, mais nous [en tant que boulangers], nous ne pouvons pas beaucoup augmenter ceux de nos propres produits", a-t-il dit.

À Schiedam, la Néerlandaise Ineke Rujis a dit que la boulangerie où elle travaille depuis 12 ans, fermera cette semaine après 25 ans d'activité, à cause du manque de personnel et de crise énergétique.

Rujis a affirmé que les prix d'énergie se sont multipliés par cinq, et que faire fonctionner le four jusqu'à midi seulement, n'a pas aidé à surmonter la crise.

*Traduit du turc par Nur Asena Ertürk

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