Nadia Chahed
03 Juillet 2017•Mise à jour: 03 Juillet 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Les leaders des groupes armés centrafricains signataires de l'Accord de Rome du 19 juin ont dénoncé "une force cachée" derrière le regain de violence constaté durant les dernière période dans plusieurs localités du pays.
Une vingtaine de leaders relevant des 13 groupes armés signataires de l'accord se sont réunis dimanche à Bangui à l'initiative de la Plateforme des organisations politico-militaires adhérant au processus DDRR.
«Il est triste de constater que cet espoir, à peine né, s’est vite volatilisé », a déploré le Colonel Larry Nordine Mahalba, Coordonnateur de cette Plateforme.Evidemment, ces accords de Rome ont suscité beaucoup de critiques négatives.
Les leaders des groupes armés présents ont, quant à eux, reconnu le paradoxe, entre les accords de paix, notamment celui de Rome, et les violations récurrentes du cessez-le-feu. Ils ont, toutefois, pointé du doigt « une main noire » derrière ces regains de violences.
En tant que signataires de l’Accord de Rome, ces groupes armés se sont dits opposés à cette "stratégie de double-jeu".
"La Plateforme des organisations politico-militaires constate que certains responsables qui militent pour la paix ont un double langage et ne peut cautionner ce qu’elle considère comme une trahison et une volonté de destruction de notre pays", a dénoncé Mahalba.
« Cette reprise des hostilités et les malheurs qui l'accompagnent sont la manifestation concrète d’un projet qui vise, incontestablement, à contrecarrer tous les efforts de paix des autorités légitimes de la République centrafricaine. Elle cache, en outre, une claire intention de bloquer le processus de Désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement des ex-combattants (DDRR) auquel la Plateforme des groupes politico-militaires que nous représentons a totalement adhéré », a-t-il encore souligné.
La réunion de dimanche a également été une occasion pour émettre une série de recommandations à l'adresse des groupes armés, des autorités et autres parties prenantes locales et internationales.
La Plateforme a, ainsi, appelé "les groupes armés qui ont renoncé à la violence, au nom de la paix et de l’unité nationale, de rester vigilants" et les autorités politiques à "prendre toutes les dispositions nécessaires, afin que toute manipulation, stigmatisation, instrumentalisation soit boutée hors du territoire national".
S'adressant à la Mission onusienne en Centrafrique ( Minusca), la Plateforme l'a exhorté à faire usage des moyens militaires dont elle dispose pour rétablir la paix et la tranquillité sur l’ensemble du territoire national.
Contacté au téléphone par Anadolu, l’ancien ministre d’Etat à la réconciliation nationale, Christoph Gazam-Betty, l’un des pionniers du partenariat RCA-Sant’Egidio, à l'origine de l'accord de Rome, a estimé que ces accords sont sans lendemain.
Se disant "sceptique" à de tels accords, il a ajouté que « les mêmes personnes qui signent les accords le matin, les violent le soir-même ».
Après une discussion ouverte à Rome à l’initiative de la communauté Saint Egidio, un accord politique pour la paix a été signé, le 19 juin dernier, entre le gouvernement et 13 groupes armés sauf le mouvement 3R- qui n'a pas fait le déplacement à Rome.
Cet accord prévoit, notamment, un cessez-le feu « immédiat » sur tout le territoire national.
La Communauté de Sant'Egidio est un mouvement laïc, né à Rome en 1968, qui brasse plus de 50.000 personnes, investies dans l'évangélisation et dans la charité à Rome, en Italie et dans plus de 70 pays dans le monde.otamment, un cessez-le feu « immédiat » sur tout le territoire national.