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19 Août 2021•Mise à jour: 19 Août 2021
AA/Alger
La Présidence algérienne a déclaré, mercredi, que ce qu'elle a qualifié « d’actes hostiles incessants » du Maroc, nécessitent la révision des relations entre les deux pays, et l'intensification des contrôles sécuritaires aux frontières Ouest du pays.
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par la Présidence algérienne sur sa page officielle Facebook, à l’issue de la réunion extraordinaire du Haut Conseil de Sécurité algérien.
Le communiqué accuse le Maroc de perpétrer des « actes hostiles incessants » contre l'Algérie, ce qui nécessiterait la révision des relations entre les deux pays, et l’intensification des contrôles sécuritaires aux frontières Ouest du pays.
Depuis des décennies, les relations entre les deux pays sont plombées par des questions épineuses relatives aux frontières terrestres fermées depuis 1994, et à la région contestée du Sahara entre Rabat et le Front « Polisario », soutenu par Alger.
Le communiqué précise que la réunion extraordinaire du Haut Conseil de Sécurité a été consacrée à l'évaluation de la situation générale dans le pays, suite aux récents événements douloureux, en référence aux incendies de forêt qui ont fait 69 morts, dont 28 militaires, et causé des dégâts matériels considérables.
« La réunion a également abordé les « actes hostiles incessants » perpétrés par le Maroc et son allié, l'entité sioniste (Israël), contre l’Algérie », stipule le communiqué.
La Présidence algérienne n'a pas précisé ce qu'elle signifiait par « actes hostiles incessants » de la part du Maroc, alors qu’il n'a pas été possible d'obtenir une réaction de Rabat à cet effet.
Fin juillet dernier, le roi Mohammed VI a appelé l'Algérie à ouvrir une nouvelle page dans les relations et à tourner définitivement celle des différends entre les deux pays voisins. Mais l'Algérie n’a pas réagi à l’appel du monarque marocain.
Le ministère algérien des Affaires étrangères avait critiqué dimanche les déclarations du chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, lors de sa visite au Maroc, mercredi.
La diplomatie algérienne a estimé que la sortie médiatique de Lapid, traduisait la « sourde volonté » du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, « d'entraîner son nouvel allié du Moyen-Orient (Israël) dans une aventure dangereuse dirigée contre l'Algérie, ses valeurs et ses positions de principe ».
Lapid a exprimé les inquiétudes d’Israël au sujet du rôle joué par l’Algérie dans la région, et son rapprochement avec l’Iran, ce qui a provoqué le courroux d’Alger.
Le responsable israélien a également accusé l'Algérie d’avoir mené une campagne, avec d'autres pays arabes, contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine.
En septembre 2020, le Président algérien Abdelmadjid Tebboune avait déclaré sans ambages que son pays « ne participera pas et ne cautionnera pas la ruée arabe vers la normalisation avec Israël ».
Le Maroc est le quatrième pays arabe à convenir d’un accord de normalisation avec Israël en 2020, et ce, après que les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan, ont signé trois accords de normalisation au cours de la même année.
Les quatre pays cités rejoignent ainsi deux pays arabes qui ont signé des accords de paix avec Israël, à savoir la Jordanie (1994) et l'Égypte (1979).
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail