Aksil Ouali
01 Octobre 2026•Mise à jour: 01 Octobre 2026
Les membres de l'Assemblée Populaire Nationale algérienne (APN), ont adopté, ce jeudi, la loi modifiant et complétant la loi portant Code pénal qui prévoit la réactivation des exécutions des condamnés à mort pour les crimes d’incendie et d’enlèvement d'enfants.
Présenté, lundi dernier par le ministre de la justice, le texte a été soumis, jeudi matin au vote lors d'une séance plénière présidée par Khalida Boufedeche, présidente de l'APN, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali.
L'amendement qui a suscité une vive polémique dans le pays entre partisans de la loi de talion et défenseurs des droits de l'homme a recueilli la majorité des voix. Les représentants de plusieurs partis du courant démocratique, dont le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), le Parti des travailleurs (PT) et le Front des forces socialistes (FFS), ont voté contre le texte.
Ce projet de loi a été élaboré à la demande du chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, suite aux incendies ayant ravagé plusieurs wilayas du centre et de l'est du pays en août dernier et qui ont fait plusieurs dizaines de morts et près de 3000 blessés.
Le document avalisé par la chambre basse du parlement algérien instaure, en effet, la peine de mort à l'encontre des auteurs de crimes d'incendie volontaire de forêts et de champs, de destruction volontaire de biens publics et privés commis au profit de parties étrangères dans le cadre de la trahison, de l'intelligence ou du crime organisé, ainsi qu'à l'encontre de quiconque tente de porter atteinte à la sécurité, à l'ordre public, à l'unité nationale ou à la stabilité économique et environnementale.
Selon le ministre de la justice, Lotfi Boudjema, « ce texte vise à renforcer la protection pénale des enfants, en prévoyant la même la peine à l'encontre des auteurs d'enlèvement d'enfants, quel que soit le moyen utilisé, la peine étant aggravée lorsque le crime est accompagné d'actes de torture, d'agression sexuelle ou de sévices, en tant que mesure ferme face à la recrudescence de ces crimes ces dernières années ».
Il prévoit aussi, selon lui, que « la personne condamnée pour l'un de ces actes ne bénéficie pas des circonstances atténuantes prévues par le Code pénal ». Après le vote à l'APN, le projet sera soumis au Conseil de la Nation, chambre haute du parlement, pour examen et adoption. L’Algérie observe un moratoire suspendant l'exécution de la peine de mort depuis 1993.