Burundi: Plus de dix personnes tuées en sept jours (Rapport)
«Quatre cadavres ont été découverts, 17 arrestations arbitraires, cinq cas de tortures ainsi que sept personnes portées disparues, ont été enregistrées durant la même semaine»Lassaad Ben Ahmed
17 Octobre 2017•Mise à jour: 18 Octobre 2017
Burundi
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Au moins 11 personnes ont été assassinées durant la semaine du 9 au 15 octobre 2017, a relevé un nouveau rapport de la Ligue Burundaise des droits de l’Homme, Iteka, sorti mardi et dont Anadolu a reçu une copie.
«Quatre cadavres ont été découverts, 17 arrestations arbitraires, cinq cas de tortures ainsi que sept personnes portées disparues, ont été enregistrées durant la même semaine», dévoile le même rapport, évoquant deux cas de violences basées sur le genre.
Via ce nouveau rapport, la Ligue burundaise des droits de l’Homme affirme avoir inventorié, également, au moins 454 cas de disparitions forcées de décembre 2015 au 15 octobre 2017.
Cette ONG locale se dit très inquiète de la recrudescence du phénomène de découverte des cadavres dans plusieurs endroits du pays et par le fait qu’aucune enquête n’est diligente pour connaître les mobiles et les auteurs de ces crimes.
Des jeunes affiliés au parti au pouvoir (Imbonerakure= ceux qui voient de loin), des agents du Service national de renseignement (SNR), des policiers, des militaires ainsi que des administratifs sont pointés du doigt, comme étant les auteurs de la plupart de ces violations des droits humains, ajoute-t-elle, précisant que les victimes sont pour la plupart des présumés opposants du 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza.
Bujumbura n’a pas encore réagi jusqu’à présent à ce rapport.
Le Burundi est plongé dans une crise politico-sécuritaire, il y a plus de deux ans, née de la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, contestée par l’opposition.
En briguant ce 3ème mandat, Pierre Nkurunziza est accusé d’avoir violé la constitution et l'Accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006.
Les violences consécutives ont fait depuis un an plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à l’exil d’après le récent rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, octobre 2017).