Lassaad Ben Ahmed
19 Décembre 2017•Mise à jour: 19 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’Union européenne a accordé au Burundi, via la Banque Mondiale, un don de 33 millions d’euros pour la construction de la centrale hydroélectrique de Jiji Mulembwe (sud), a déclaré mardi Wolfram Vetter, Ambassadeur délégué de l’UE à Bujumbura.
«Le ministre burundais des Finances, du Budget et de la Privatisation, Domitien Ndihokubwayo ainsi que le Représentant de la Banque Mondiale au Burundi, Nestor Coffi, ont signé mardi un accord sur le transfert d’un don de 33 millions d’euros de l’Union européenne pour la construction de la centrale hydroélectrique de Jiji Mulembwe», a déclaré Wolfram Vetter, via son compte twitter.
Selon le diplomate, il s’agit «d’une bonne nouvelle».
Bujumbura n’a pas encore fait de commentaires.
Le Burundi connaît un profond déficit énergétique depuis quelques années malgré un potentiel hydro-électrique important. Alors que les besoins en énergie sont estimés à au moins 70 mégawatts, le pays n’en
produit que 30 à peine. Tous les espoirs des Burundais sont placés dans la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, notamment ceux de Jiji-Mulembwe au sud du Burundi et de Mpanda à l’ouest.
Depuis le 14 mars 2016, l’UE a pris la décision de suspendre son aide directe au gouvernement burundais accusé de violations graves des droits de l’Homme. Ces sanctions ont été renouvelées pour une année en
octobre dernier dans le but de pousser Bujumbura à dialoguer avec l’opposition en vue d’une sortie de crise.
Néanmoins, l’UE a maintenu son soutien financier à la population et son aide humanitaire. Avec une aide globale de quelque 430 millions d’euros pour la période 2015-2020, l’UE est le premier donateur du
Burundi.
Le Burundi est plongé dans une crise politico-sécuritaire, depuis avril 2015, liée au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza jugé illégal et anticonstitutionnel et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Les violences qui en ont découlé ont fait, depuis un an, plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à l’exil d’après le récent rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés
(UNHCR, 11 décembre 2017).