Esma Ben Said
16 Août 2017•Mise à jour: 16 Août 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Au moins trois personnes ont trouvé la mort dans des combats opposant mercredi des présumés membres du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FRPC) et des milices dites d'auto-défense, à Bria, dans le Centre de la République centrafricaine, a appris mercredi Anadolu de source locale.
D'après Caleb Guiangou, Coordonateur régional de la société civile joint par Anadolu, "un combat acharné a éclaté mercredi matin entre les deux parties. Une première attaque du FPRC aux alentours du site des déplacés du PK 3 a été repoussée par les autodéfenses".
"Paniquée, la population du site s’est ensuite réfugiée près du camp de la Minusca (Force onusienne en RCA). Les combats ont fait trois morts et plusieurs blessés, mais ce bilan reste provisoire".
"Selon les premiers éléments en notre possession, le braquage d’une dizaine de motocyclettes serait à l’origine des hostilités", précise la même source.
Ce regain de violence intervient 72 heures seulement après l’adresse du président de la République Faustin Archange Touadéra à la Nation à l’occasion de la commémoration du 57 ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance de la République centrafricaine, le 13 août 1960.
Dans son adresse, le Président a appelé les Centrafricains "au sursaut".
La Centrafrique, pays parmi les plus pauvres au monde, a du mal à se relever du conflit intercommunautaire qui, en 2013 et 2014, a fait environ 3 000 morts et près d’un million de personnes déplacées (sur les 4,5 millions de Centrafricains) majoritairement des musulmans, d'après l'ONU.
Ces dernières semaines les combats entre groupes armés centrafricains sont devenus quasi-quotidiens. Les tueries ont fait plus de 60 morts depuis début juillet de Bangassou et Gambo (sud-est) à Ngaoundaye (nord-ouest) en passant par Alindao (sud).
Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires. a d'ailleurs alerté sur "les signes avant-coureurs de génocide" tandis que le Think thank américain Enough Project a indiqué, dans un rapport, que la RCA est menacée par une "prolifération de groupes armés".
Le groupe de réflexion qui a cartographié quatorze milices et quatre groupes politico-militaires, explique que "ces groupes ont proliféré, imposant de facto une partition (du pays) et faisant de la prédation économique un élément central de leur stratégie".
D'après Nathalia Dukhan, auteur du rapport, "Depuis 10 mois, l'alliance formée par trois factions de l'ex-Séléka et un groupe anti-balaka est à l'origine de l'essentielle des flambées de violence en Centrafrique".