Hend Abdessamad
26 Novembre 2020•Mise à jour: 27 Novembre 2020
AA/ Addis Abeba
Les Nations unies ont mis en garde, jeudi, contre l’exode d’un million de réfugiés de la région du Tigré comptant 6 millions d’habitants, pour fuir le conflit déclenché au début du mois de novembre courant.
L’Organisation a déclaré dans un communiqué que la cause principale des déplacements des Tigeriens est la pénurie alimentaire « aigue » ainsi que les besoins de la vie quotidienne à savoir l’argent, l’essence et autres, selon l’agence « Associated Press ».
Et d’ajouter « la situation au Tigré est devenue critique, en manque d’essence et les billets d’argent, les estimations prévoient l’exode d’un million de personnes ».
Dans le même communiqué, il a été rapporté que les produits alimentaires destinés pour 100 mille réfugiés en Erythrée seront épuisés dans une semaine, tandis que 600 mille autres réfugiés n’ont pas reçu leurs rations alimentaires mensuelles.
Ces données ont été publiées par l’ONU au moment où le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed ordonnait dans la matinée du jeudi à l’armée de se diriger vers la capitale de la région du Tigré, Mekele.
Abiy Ahmed a déclaré dans un communiqué publié par son cabinet que l’Agence Anadolu a pu consulter, que cet ordre est la « dernière étape » du conflit.
Et de souligner que la décision a été prise à la suite de l’échéance du délai de 72 heures, accordé par le gouvernement éthiopien aux forces du Front de libération du peuple du Tigré, pour se rendre.
Le Premier ministre éthiopien avait demandé auparavant aux habitants de Mekele, environ 500 mille personnes, de rester chez eux et de renoncer à toute arme en leur possession.
Le gouvernement fédéral éthiopien avait prévenu les habitants de la capitale qu’il n’aura pas d’indulgence s’ils ne s’éloignent pas des dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré.
La Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, ainsi que d’autres onusiens ont réprouvé le langage adopté par le gouvernement éthiopien, en mettant en garde contre ce qui pourrait entrainer d’autres violations au droit international.
Depuis le 4 novembre courant, un conflit s’est déclenché, opposant l’armée éthiopienne et le Front de libération du peuple du Tigré qui avait dominé la vie politique durant 3 décennies jusqu’à ce que Abiy Ahmed soit désigné Premier ministre, une première dans l'histoire de l’ethnie Oromo.
*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad