Lassaad Ben Ahmed
08 Mars 2018•Mise à jour: 08 Mars 2018
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara a condamné, mercredi, le phénomène d’enlèvement d’enfants qui secoue la Côte d’Ivoire ces derniers jours, promettant de «lutter contre ces pratiques» et invitant la population à ne pas «céder à la psychose», dans une adresse à la nation.
«Je condamne avec fermeté ces crimes ignobles, perpétrés sur des enfants sans défense. Tous les suspects seront traduits devant la justice et les coupables seront sévèrement punis», a déclaré le président Alassane Ouattara.
«J’ai donné des instructions fermes pour que nos forces de défense et de sécurité se déploient en nombre sur le terrain pour protéger toutes les populations. Je vous invite à ne pas céder à la psychose, nous sommes déterminés à lutter contre ces pratiques inacceptables», a assuré le chef de l’Etat.
Il a promis, par ailleurs, que tous les moyens humains et matériels seront déployés pour faire la lumière sur ces événements ignobles, afin d’éviter que cela ne se reproduise.
Depuis janvier, en effet «huit cas de disparition ou d’enlèvement ont été enregistrés, dont trois cas de décès de mineurs dus à des violences», avait annoncé, mardi, le gouvernement ivoirien, dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Le phénomène émeut le pays au point qu'à M’Bahiakro, dans le centre-est du pays, une gendarmerie a été incendiée par des élèves, mardi, ont relayé les médias locaux.
«Les comportements inciviques de ces derniers mois nous interpelle tous. Ils sont contraire à l’idéal de société que nous voulons bâtir et aux antipodes des valeurs de notre République», a regretté le président Ouattara.
«Ayons recours aux institutions de la République, pour régler nos différends…», a-t-il appelé.
Mardi, la police a annoncé, dans un communiqué, avoir arrêté un spécialiste présumé de demandes de rançons accusé d'avoir enlevé sept enfants au total.
«Son mode opératoire consiste généralement à observer les enfants depuis les établissements scolaires, guettant leur sortie, il en choisit un et sous la menace, l’oblige à le suivre », selon un communiqué.
Une fois emmené dans un endroit à l’abri des regards et après avoir obtenu le numéro des parents, le criminel «les appelle pour demander une rançon qui est généralement entre 400 000 et 750 000 francs CFA (756-1417 dollars)», précise la même source.