Nadia Chahed
07 Décembre 2017•Mise à jour: 08 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Près de deux semaines après le début du 4ème round du dialogue inter-burundais à Arusha (Tanzanie), le facilitateur Benjamain Mkapa a estimé jeudi que plusieurs points de divergences persistaient entre les différentes parties prenantes, fait qui laisse prévoir, selon lui, qu'aucun accord ne sera signée le 8 décembre comme prévu.
Selon Benjamin Mkapa, ancien président tanzanien qui assure la facilitation dans la crise burundaise, les représentants du gouvernement burundais et ceux de l’opposition (modérée-ndlr) qui participent au dialogue, ouvert le 27 novembre, se sont accordés sur un certain nombre de points à l’issue des échanges mais demeurent opposés sur plusieurs autres points.
Les deux blocs ont notamment été unanimes à reconnaître, que «l’Accord d’Arusha et la constitution du Burundi » constituent « le fondement d’une paix, sécurité et stabilité durable », indique un rapport publié jeudi par le Bureau du Facilitateur et présenté par Mkapa lors d'une plénière rassemblant les parties concernées.
Ils ont, en outre, reconnu que la crise politique qui secoue le Burundi est de nature «politique et nécessite par conséquent une solution politique», selon la même source.
Cependant des divergences persistent concernant, notamment la "levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques", "du dialogue avec les groupes armées qui sont disposés à renoncer à la violence et à poursuivre la réinstallation pacifique", rapporte le document.
Soulignant que "les points de vue divergents nécessitent davantage de concertation entre les parties prenantes, afin qu’une solution globale soit trouvée dans les meilleurs délais à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Burundi", Mkapa a estime que les divergences persistantes laissent prévoir qu'aucun accord ni document contraignant ne sera signé le 8 décembre tel que prévu lors du démarrage des concertations.
"Ces points de vues seront présentés au Médiateur au Sommet des chefs d’état de la Communauté d’Afrique de l’est pour davantage d’orientations", a-t-il ajouté.
La 4ème session de dialogue inter-burundais a débuté le 27 novembre et doit se clôturer le 8 décembre 2017.La Facilitation est une équipe dirigée par l'ancien président tanzanien Benjamin William Mkapa et le médiateur principal est Yoweri Kaguta Museveni, le président ougandais.
Depuis près de deux ans, le Burundi traverse de grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer depuis 2015, un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives a cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 23 novembre 2017.