Lassaad Ben Ahmed
03 Décembre 2019•Mise à jour: 03 Décembre 2019
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L'armée congolaise a annoncé lundi avoir "neutralisé" plus de 80 rebelles ougandais des Forces démocratiques alliés (ADF) au cours des opérations de "grande envergure" lancées depuis fin octobre à Beni, dans l'Est de la République démocratique du Congo.
"Nous avons neutralisé 80 ADF et collaborateurs qui ont été arrêtés et qui se trouvent à ce moment entre nos mains et des révélations on en a reçues", s'est réjoui au cours d'une conférence de presse à Beni, le général Léon Richard Kasonga, porte-parole de l'armée congolaise.
L'armée a également neutralisé "quatre de six grands terroristes de l'ADF.", a-t-il ajouté, louant "l'exploit".
Au cours des mêmes opérations qui se tiennent sans l'appui de l'ONU et des armées étrangères, "Nous avons neutralisé et conquis Tchochota, centre d'entraînement" des rebelles.
"On a trouvé un dispensaire, un lieu où s'effectuait la pendaison des congolais qui avaient été arrêtés, nous y avons trouvé des panneaux solaires, preuve qu'il s'y effectuait une activité intense et suffisamment planifiée", a ajouté le Général Kasonga.
Sur les combattants neutralisés ou capturés, de l'argent de pays étrangers dont la Tanzanie, l'Ouganda et le Burundi a été retrouvé, selon cet officier Supérieur de l'armée congolaise pour qui "aucun Congolais ne figure parmi les commandants ADF répertoriés". "Tous sont des étrangers", a-t-il soutenu.
Ce bilan contraste avec les tueries observées ces derniers jours dans le territoire de Beni, bastion de l'ADF, rébellion d'origine ougandaise, depuis 1995.
Au total, 127 civils ont été tués depuis le lancement des opérations par l'armée congolaise, selon l'ONG américaine Human Right Watch, pour qui, ces tueries sont menées en "représailles" aux offensives de l'armée.
Un vent de colère a surgi à Beni à la.suite de ces tueries. Des populations dénoncent la "passivité" des Casques bleus face aux massacres et exigent le départ de la mission onusienne en RDC (MONUSCO), forte de plus de 16 000 hommes.