Esma Ben Said
11 Décembre 2017•Mise à jour: 12 Décembre 2017
AA/Beni/Pascal Mulegwa
Une cérémonie d’hommage aux Casques bleus tanzaniens tués jeudi dernier par des présumés rebelles ougandais (ADF) dans l’attaque la plus meurtrière contre une force des Nations unies depuis plus de deux décennies, s’est tenue lundi dans l’est de la République démocratique du Congo, a rapporté le correspondant de Anadolu.
L’attaque qui avait duré plusieurs heures dans la soirée de jeudi, avait fait 15 morts et 53 blessés dans les rangs des casques bleus tanzaniens. L’armée congolaise revendique en réaction, avoir tué 72 rebelles, selon des sources concordantes.
Couverts du drapeau tanzanien, 14 cercueils en bois ont été installés dans une base de l’ONU dans la périphérie de la ville de Beni pour des honneurs militaires en présence du chef adjoint de la MONUSCO (Mission de l’ONU en RDC) David Gressly, de l'ambassadeur de la Tanzanie en RDC, Ignace Mella et des autorités militaires congolaises.
Le 15e soldat qui a succombé à ses blessures après son transfert à l'hôpital à Goma, n'a pas été rapatrié à Beni, selon des sources onusiennes.
"La mort de nos amis Tanzaniens sera écrite dans l'histoire de la nation congolaise pour leur sacrifice. Ils resteront dans les cœurs des Congolais qui les ont tant aimé", a déclaré lors de la cérémonie le général – Major Léon Mushale, commandant de la troisième zone de défense de l’armée congolaise.
David Gressly, a pour sa part affirmé que les Casques bleus "vont continuer à protéger les populations de Beni" meurtrie par les attaques des rebelles ADF accusés d’avoir tué un millier de civils congolais dans ce territoire entre 2014 et 2016.
Les corps des Casques bleus tanzaniens tués devraient être rapatriés en Tanzanie mardi, selon une source protocolaire au sein de la MONUSCO. L’attaque du Jeudi est la "pire" subie par l’ONU depuis 24 ans selon son secrétaire général Antonio Guterres "fortement scandalisé" face à ce "crime de guerre".
Condamnée par les Etats-Unis, les organisations régionales et plusieurs puissances occidentales, cette attaque n’a pas encore été condamnée par Kinshasa que ces parties ont appelé à enquêter "rapidement" et traduire les responsables devant la justice.
Dans un communiqué publié lundi, l'Union européenne (UE) a dénoncé une "attaque inacceptable" qui souligne la "fragilité" de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, exacerbée par "l'incertitude actuelle sur la stabilité politique du pays".
Déployée en RDC depuis 1 999, la MONUSCO est la plus importante et budgétivore mission de maintien de la paix de l’ONU dans le Monde.