Mohamed Safwene Grira
16 Décembre 2016•Mise à jour: 19 Décembre 2016
AA/ Libreville/ Jean-Yves Ntoutoume
Le candidat malheureux à la présidentielle gabonaise d'août dernier, Jean Ping, a saisi jeudi la Cour pénale internationale (CPI) de "crimes contre l'humanité commis par le régime du président Ali Bongo.
Cette saisine intervient quelques jours seulement après que les observateurs de l'Union européenne (UE) ont pointé dans un rapport "plusieurs anomalies" ayant entaché ce scrutin.
Emmanuel Altit, avocat international, mandaté par Ping ainsi que par des responsables de la société civile gabonaise et par des "victimes" a déposé entre les mains du Procureur près de la Cour Pénale Internationale un dossier, "fruit de trois mois d’enquêtes menées au Gabon et à l’étranger, qui démontre l’existence de crimes contre l’humanité commis par les Autorités gabonaises", d'après un communiqué de Jean Ping dont Anadolu a eu copie.
Ping accuse les forces de l’ordre gabonaises de s'être "livrées, en particulier le 31 août 2016 à Libreville, à une attaque planifiée contre la population civile destinée à permettre le maintien au pouvoir du perdant de l’élection présidentielle, Ali Bongo, et empêcher toute expression démocratique de la population", d'après la même source.
Ces attaques qui ont fait de nombreux morts sont constitutives de crimes contre l’humanité, crimes de la compétence de la Cour Pénale Internationale, soutient Ping.
Le ministre gabonais de la Communication, Alain Claude Bilie By Nze, qui a animé jeudi une conférence de presse a rejeté "un tissu de mensonge" fomenté par l'ancien président de la commission de l'Union africaine Jean Ping.
La CPI qui avait déjà ouvert une enquête préliminaire en septembre sur la période électorale au Gabon devra examiner ces documents pour décider éventuellement de l'opportunité d'ouvrir une enquête.
La Mission d’observation électorale (MOE) de l’Union Européenne au Gabon avait annoncé, lundi, que "plusieurs anomalies ont été constatées" lors du scrutin du 27 août dernier, et appelé les Gabonais à trouver les moyens d'y remédier dans le cadre du dialogue.
Le camp de Jean Ping, auto-proclamé "président élu", invoque des "fraudes" dans la région du Haut-Ogooué, fief d'Ali Bongo, où celui-ci a obtenu 95% des voix pour 99% de taux de participation lors du scrutin à tour unique du 27 août dernier.
L’annonce par la Commission électorale le 31 août dernier de la victoire d’Ali Bongo avait plongé pendant, quelques jours, le Gabon dans l’insécurité. Des manifestations et émeutes ont secoué les principales villes du pays et ont fait plusieurs dizaines de morts selon l’opposition.