Lassaad Ben Ahmed
05 Février 2018•Mise à jour: 05 Février 2018
AA / Conakry / Boussouriou Bah
Après plus de 24 heures des élections locales, aucun résultat officiel n'est disponible. Dans les différentes communes de Conakry, aucune information n'a filtré.
Approchée par Anadolu, une responsable de la commune de Ratoma indique que ''même le taux de participation n'est pas disponible. Certains présidents de bureaux de vote n'ont pas pu amener les procès verbaux hier, c'est ce matin que la commune les a reçus. Donc, on ne peut rien vous donner comme information pour le moment''.
Pour sa part la représentante de la Ceni à Ratoma, Hadja Bia Diallo se concertait encore avec les présidents des bureaux de vote, lundi matin.
Même cas pour les autres communes de Conakry, à Dixin en passant par Kaloum et Matam, l'heure est à la centralisation du vote. Des dispositifs de sécurité sont mis en place.
Seuls les médias, les responsables de la Ceni, les agents de sécurité sont visibles dans les différentes cours des mairies.
Contacté par Anadolu, le candidat de la mairie de Boke (intérieur du pays) salue un vote apaisé tout en accusant le parti au pouvoir d'usurpation de cartes d'électeurs.
''Nous déplorons le fait que des cartes non distribuées soient prises pour faire voter en faveur du régime en place. Nous avons vu des gens qui ont évolué dans ce genre de condition'', accuse Alhousseiny Makanera Kake.
Du côté de l’Union démocratique de Guinée, on accuse des préfets et des sous-préfets de «complicité» du parti au pouvoir.
"On nous a informés qu’à l’intérieur du pays, des sous-préfets et des préfets avaient préparé excessivement des procurations. Aussi des centaines de bulletins pré-cochés ont été détectés.", affirme Dembo Sylla, vice-président de l'Union démocratique de Guinee (UDG).
"Mais les gens étaient très vigilants. Nous avions une équipe qui était aux aguets et ont pu démasquer au bon moment les fraudeurs.", a-t-il expliqué.
"Un chef de la Cespi (commission électorale sous-préfectorale indépendante) à Sangaredji (intérieur du pays) étaient en train de donner des procurations, mais on l’en a empêché à temps.", a-t-il noté.
"Aussi à Boké, à Gaoual, à Kindia, (Basse Guinée) nous avons empêché le Rpg (parti au pouvoir) de tricher. Il y a eu beaucoup de velléités qui ont été prises en flagrant délit.", a-t-il affirmé.
Quant à la mouvance présidentielle, l’heure est à la certitude. "Ces accusations de fraude ne nous impressionnent pas. Nous sommes sereins et nous attendons la centralisation des votes. Nous sommes certains de gagner», dira le ministre de la Culture, Bantama Sow.