Lassaad Ben Ahmed
23 Janvier 2018•Mise à jour: 23 Janvier 2018
AA / Malabo / Fabien Essiane
Les Equato-guinéens sont descendus par milliers dans la rue, mardi à Malabo, pour protester contre la «tentative de déstabilisation»qui cible la Guinée Équatoriale depuis plusieurs années, a constaté le correspondant d'Anadolu sur place.
Ils étaient plus de 2000, selon le PDGE (Parti démocratique de Guinée Équatoriale) au pouvoir, un millier selon la police à répondre à l’appel des autorités à cette marche pacifique.
Commencé dans la plupart des villes de la partie continentale depuis dimanche, 21 janvier, c’est à Malabo que s’achève cette mobilisation, mardi, pour soutenir le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo au pouvoir depuis 1979. Les milliers de participants ont exprimé à travers des pancartes leur rejet de la «nouvelle tentative d'agression des mercenaires».
Malabo, Bata, Mongomo, Ebebiyin, Niefang, Akurenan, Micomeseng, Evinayong, Annobon, Corisco, toutes les villes du pays ont vécu des manifestations massives «spontanées», selon les autorités de Malabo.
Ils sont tous contre la «tentative du coup d’Etat» que les forces de sécurités équato-guinéennes ont déjouée dans la nuit du 27 au 28 décembre 2017, suite à une information de la police camerounaise.
Lors de cette marche de Malabo, outre la présence du secrétaire général du PDGE, Jerónimo Osa Osa Ecoro, plusieurs membres du gouvernement y ont participé, dont le ministre des Affaires étrangères Agapito Mba Mokuy.
Pour rappel, des élections générales ont eu lieu le 12 novembre 2017. Le parti Citoyens pour l'innovation (CI) avait réussi à obtenir un seul siège sur les 100 à pourvoir. Le PDGE parti-État avait alors raflé les 99 sièges restants.
Lors de l’ouverture de la session 2018 de l’Assemblée nationale, le 15 janvier, l'unique député de l’opposition, Jesus Mitogo Mitogo Andeme, n’était pas présent, le parti affirmant qu’il était arrêté par la police depuis le 28 décembre.
Lundi, l’Espagne par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis, a exprimé sa «consternation» après la mort le 14 janvier du militant du parti CI (Citoyens pour l’Innovation) Santiago Ebee Ela, dans un commissariat de Malabo et demandé «l’ouverture immédiate d’une enquête» sur ce décès.
Le CI avait souligné que son militant «était décédé dans la nuit du 13 au 14 janvier à Malabo à cause d’une torture cruelle».