Adil Essabiti
21 Avril 2016•Mise à jour: 22 Avril 2016
AA / Tunis / Adel Thabti
La Tunisie risque de reproduire des pratiques mafieuses héritées d'avant la révolution, si une stratégie nationale de lutte contre la corruption n’est pas fixée, a déclaré, mercredi, le président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption (INLC), Chawki Tabib, dans un entretien accordé à Anadolu.
«Si la mission de l’Instance, telle que prévue par la loi et par les conventions internationales signées en 2008 par la Tunisie, était accomplie à 60 ou à 70%, cela réduirait considérablement le niveau de corruption [dans le pays]», a-t-il affirmé.
Tabib a ajouté que le traitement des dossiers de corruption n’est pas aussi rapide qu’il ne devrait l’être, indiquant que seulement 10% des trois mille dossiers parvenus à l’INLC avaient été traités par la justice.
Le président de l’INLC a expliqué ce retard par l’insuffisance des moyens logistiques et humains, mis à la disposition de l’INLC et de l’organe judiciaire chargé des dossiers de corruption, en l’occurrence le Pôle judiciaire financier.
Mille deux cents affaires de corruption liées au président déchu, Zine al-Abidine Ben Ali, à sa famille et à son régime, relèvent du ressort du Pôle judiciaire financier, outre les autres dossiers qui lui ont été envoyés après la révolution du 14 janvier 2011 en Tunisie.
Ledit pôle tourne avec une équipe réduite composée de sept juges et de sept procureurs généraux adjoints, selon Tabib, qui précise que les besoins en effectif de cet organe est de 1200 juges.
EZ