Nadia Chahed
17 Janvier 2018•Mise à jour: 17 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le président ougandais Yoweri Museveni a accusé l’ONU d'être responsable de la pérennisation du terrorisme en République démocratique du Congo (RDC), pays où sévit une centaine de groupes armés nationaux et étrangers.
"L'opération de l'ONU en RDC et dans une certaine mesure en Somalie […] a préservé le terrorisme" dans ces pays, a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni cité dans un communiqué publié mercredi, au lendemain d’un entretien avec Dimitry Titov, un expert russe récemment désigné par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur l'attaque, perpétrée début décembre, par des rebelles ougandais, contre une base onusienne dans l'Est de la RDC.
L'attaque avait fait 15 morts et une cinquantaine de blessés parmi les casques bleus, selon un bilan officel.
"C’est la population qui doit anéantir le terrorisme", a souligné le président ougandais, notant que l’armée ougandaise ne pourrait pas intervenir en RDC pour "remplacer la population congolaise".
L’enquêteur onusien a, pour sa part, indiqué que les rebelles ougandais des forces démocratiques alliées (ADF) constituent un ennemi "supplémentaire" que la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) est en charge "d’éliminer".
Les autorités congolaises et onusiennes n’ont pas encore réagi à ces accusations faites deux jours après le lancement par l’armée congolaise de vastes opérations contre les groupes armés, dont celui des ADF, sévissant dans le territoire de Beni.
Opposés au régime du président Yoweri Museveni, les ADF se sont depuis plus de 20 ans retranchés dans l'Est congolais où ils sont accusés d'avoir tué un millier de civils congolais entre 2014 et 2016 dans le territoire de Beni.
Une dizaine de civils dont un journaliste local ont été enlevés Jeudi dernier par ces rebelles, selon les autorités locales.