Andrew Wasike
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
Le Royaume-Uni a annulé un important exercice militaire prévu au Kenya plus tard cette année, après que les autorités kényanes n’ont pas délivré les autorisations nécessaires au déploiement des troupes, a annoncé jeudi le ministère britannique de la Défense.
L’exercice de six semaines, baptisé Haraka Storm, devait se tenir dans le comté de Laikipia, situé à environ 200 kilomètres au nord de Nairobi, la capitale kényane. Faute des autorisations requises, il sera finalement organisé dans un autre pays.
Dans un communiqué, le ministère britannique de la Défense a regretté cette annulation, tout en réaffirmant son engagement à préserver les étroites relations de défense avec le Kenya.
« Le Royaume-Uni attache une grande importance à sa relation avec le Kenya, fondée sur des bénéfices mutuels, le respect et la coopération. Le partenariat de défense entre le Royaume-Uni et le Kenya constitue l’un des principaux piliers de nos relations. Nos entraînements conjoints et nos opérations avec les Forces de défense kényanes contribuent à la sécurité des populations kényane et britannique », a déclaré le ministère.
Le ministère a ajouté qu’il poursuivrait sa coopération avec le gouvernement kényan afin d’assurer la continuité des relations militaires entre les deux pays.
Le Royaume-Uni maintient une présence militaire permanente au Kenya à travers la British Army Training Unit Kenya (BATUK), où des milliers de soldats britanniques participent chaque année à des exercices, notamment des entraînements conjoints avec les forces armées kényanes.
Cette annulation intervient alors que le partenariat de défense entre les deux pays fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif au Kenya.
Des parlementaires ont réclamé un renforcement du contrôle de la BATUK ainsi qu’une plus grande responsabilité juridique des militaires britanniques, tandis que les communautés vivant à proximité des zones d’entraînement dénoncent les conséquences environnementales et sociales des exercices militaires.
Les relations bilatérales ont également été mises à l’épreuve par plusieurs affaires judiciaires impliquant la BATUK, notamment l’enquête, toujours en cours, sur le meurtre de la Kényane Agnes Wanjiru en 2012. Un ancien soldat britannique a été inculpé pour ce meurtre et fait l’objet d’une procédure d’extradition.
Par ailleurs, des allégations de violences sexuelles et de dommages environnementaux liées aux activités militaires britanniques au Kenya ont également été formulées.
Si ces dossiers ont renforcé les appels à une réforme du partenariat de défense entre les deux pays, ni Londres ni Nairobi n’ont établi publiquement de lien entre ces controverses et le différend sur les autorisations ayant conduit à l’annulation de l’exercice.
Ni le ministère britannique de la Défense ni le gouvernement kényan n’ont expliqué pourquoi les permis nécessaires à la tenue de cet exercice militaire n’avaient pas été délivrés.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba