Nadia Chahed
25 Avril 2018•Mise à jour: 25 Avril 2018
AA/Antananarivo/ Sandra Rabearisoa
Cinq jours après les manifestations de samedi à Antananarivo, la capitale malgache, les députés de l’opposition ont déposé mercredi une requête auprès de la haute cour constitutionnelle exigeant la démission du Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a constaté la correspondante d'Anadolu.
Les 73 députés de l'opposition suivis de près par leurs partisans ont déposé cette requête mercredi en fin de matinée auprès de la Haute Cour Constitutionnelle à Antananarivo.
Les députés invoquent entre autres motifs de cette requête la non mise en place par le président de la Haute Cour de Justice, tel que stipulé par la Constitution.
Dans son article 167, la Constitution malgache stipule que « afin de respecter le prescrit constitutionnel, le Président de la République, dans un délai de 12 mois à compter de son investiture, invite les Instances compétentes à désigner les membres qui composeront la Haute Cour de Justice afin de procéder dès l’expiration de ce délai à l’installation de la Haute Cour de Justice." et que "toute partie justifiant d’un intérêt peut saisir les institutions compétentes de demande de sanction en cas de carence".
Après le dépôt de cette requête, les députés ont pris la direction du parvis de l’hôtel de ville Analakely où plusieurs centaines de partisans munis de banderoles les attendaient.
Samedi dernier, les députés de l'opposition ainsi que des indépendants ont initié un rassemblement afin d'informer et de sensibiliser la population sur les lois électorales controversées mais adoptées à l’Assemblée Nationale.
La manifestation a dégénéré en affrontements entre militaires et manifestants qui se sont soldés par deux morts au moins selon des sources hispitalières (l’opposition évoque un bilan de six morts) et 17 blessés. Suite à cet incident, les députés ont exigé la démission du Président de la République.
Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique est attendu à Madagascar suite à la réunion des chefs d’Etat de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et ce " en vue de faciliter un dialogue national visant à décrisper les tensions politiques et de dégager un consensus autour du processus électoral à Madagascar ". L’ex – chef d’Etat mozambicain figurait déjà parmi les médiateurs lors de la crise politique qui a secoué Madagascar en 2009.