Esma Ben Said
20 Mai 2016•Mise à jour: 21 Mai 2016
AA/Tunis/Esma Ben Said
Quasiment pas un mois n'est passé, en ce premier semestre de 2016, sans que les soldats de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), déployés dans le pays depuis le 1er juillet 2013, ne déplorent des morts ou des blessés dans leurs rangs.
Une série noire se poursuit pour des Casques bleus qui ont, depuis le début de l’année, essuyé une douzaine d’attaques perpétrées par des groupes armés qui sévissent dans le nord du Mali, dont la dernière datant de mercredi, a fait cinq morts dans le contingent tchadien –le plus touché depuis le début de l'année-, selon un bilan de l’ONU.
D'après un décompte établi par Anadolu, auprès de sources sécuritaires onusiennes, 18 soldats de la paix sont morts depuis le début de janvier 2016 portant à environ 90 le nombre total de Casques bleus tués depuis le début de la Mission.
La plupart des attaques terroristes ont eu lieu dans la région de Kidal (Nord). "Depuis le début de l’année 2016, une douzaine d’attaques contre les Nations Unies a été recensée dans la région de Kidal et a coûté la vie à pas moins de 12 agents des Nations Unies", a indiqué la porte-parole de la Mission, Radhia Achouri, dans une conférence de presse donnée jeudi.
Voici les principaux incidents, des attaques terroristes pour la plupart, qui ont provoqué des pertes humaines dans les rangs de la force onusienne:
Mercredi 18 mai 2016:
Cinq Casques bleus appartenant au contingent tchadien ont été tués et trois autres ont été grièvement blessés, lors d'une embuscade au nord d'Aguelhok, dans la région de Kidal.
Selon un communiqué de la mission onusienne, l’attaque s'est déroulée alors que les soldats de la paix escortaient un convoi logistique. Après avoir heurté un engin explosif, le convoi a été la cible de tirs par un groupe d’assaillants, dont on ignore l’identité.
Dimanche 15 mai 2016:
Un orage violent a frappé la zone en construction du site du nouveau quartier général de la MINUSMA à Bamako, situé près de l’aéroport. Deux Casques bleus du contingent du Bangladesh ont été tués et quatre légèrement blessés, selon la Mission onusienne.
Samedi 12 mars 2016:
Deux Casques bleus ont été tués et un troisième blessé par un de leurs camarades, moins de trois semaines après un incident similaire, selon un communiqué de la MINUSMA. Une source onusienne avait indiqué qu'il s'agissait de Casques bleus tchadiens.
Mardi 1er mars:
Six Casques bleus ont été blessés, dont deux grièvement, lorsque leur véhicule a heurté un engin explosif improvisé sur l’axe Aguelhok-Tessalit, dans le nord-est du Mali, a annoncé la MINUSMA dans un communiqué.
La MINUSMA qui n’avait pas précisé la nationalité des Casques bleus, avait indiqué qu’un incident similaire s’était produit la veille «ne causant que des dégâts matériels ». Elle avait aussi dénoncé des «actes criminels et lâches, perpétrés quasi quotidiennement dans les régions du Nord, et ayant pour seul but de déstabiliser le pays et de porter atteinte au processus de paix en cours au Mali».
Jeudi 25 février:
Deux Casques bleus tchadiens ont été tués dans le camp de la force onusienne à Kidal dans le cadre d'un "règlement de comptes", selon les propres termes de la MINUSMA.
D'après une source onusienne jointe par Anadolu, l’auteur de ses tirs, un soldat tchadien, « en voulait à sa hiérarchie » et se plaignait du retard des salaires des conditions de vie dans lesquelles lui et ses collègues évoluent.
Vendredi 12 février:
Sept Casques bleus guinéens ont été tués dans le Nord du Mali après une attaque contre un camp de l’ONU à Kidal. L’assaut, qui a fait également une quarantaine de blessés, a été revendiqué par le groupe terroriste Ansar Dine. Parallèlement, trois soldats maliens ont péri et deux autres ont été blessés dans une deuxième attaque, une embuscade dans la région de Tombouctou, dans le Nord-Ouest du pays.
La MINUSMA a fait part, en outre, au cours de la même période, de quelques autres attaques sans perte humaine, ayant provoqué tout de même des dégâts matériels.
Malgré la signature, l’an passé, de l’accord de paix par le gouvernement malien, des groupes armés pro-Bamako et la plateforme de groupes armés à dominante touareg, la situation sécuritaire continue d’être incertaine dans le Nord du pays, où des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.