AA/Bangui/Sylvestre Krock
Deux personnes ont été tuées mercredi soir, en plein centre de Bangui, la capitale centrafricaine, dans l'explosion de deux grenades lancées par des inconnus qui ont pu prendre la fuite, a appris, jeudi, Anadolu de source onusienne et de témoins oculaires.
« Hier (mercredi) aux environs de 18h 45mn (locales), deux malfrats, sur une moto sont arrivés dans le Km5 (quartier à majorité musulmane de Bangui) et ont jeté une grenade au niveau du croisement de Pétévo (6e arrondissement). 15 minutes plus tard, environ, ils sont revenu au Km5, et ont encore jeté une autre grenade au milieu de la foule dans une buvette appelée ‘’Aire force One’’ située à côté de l’église de Fatima. Il y a eu deux morts, mais aussi plus de 30 blessés» a rapporté à Anadolu, Jimmy Nzécko, habitant du quartier Kpéténé dans le 6ème arrondissement, présent sur les lieux.
La mission onusienne (Minusca), déployée en Centrafrique, qui a « fermement condamné ce regain de tension meurtrier » a indiqué dans un communiqué que « ces actes odieux et lâches qui ont causé la mort de deux personnes et fait de nombreux blessés [...] surviennent à un moment où se note une amélioration de la situation sécuritaire à Bangui ainsi qu'une reprise des activités économiques. »
D’après un membre de l’ONG médecins sans frontières, joint par Anadolu, les explosions ont fait près d’une trentaine de blessés, accueillis à l’hôpital général de Bangui.
Ce regain de violence a aussitôt provoqué des manifestations de colère dans les 3ème et 5ème arrondissements de la capitale où des barricades ont été érigées sur les voies publiques, a appris Anadolu auprès de témoins oculaires.
Dans son communiqué de presse, la MINUSCA a appelé la population des quartiers victimes de ces attaques « à ne point céder à la panique et d'éviter toute action susceptible d'exacerber les tensions. »
A cet égard, « elle leur demande de démanteler les barricades qu'elles ont érigées en signe de protestation. », rapporte le texte.
« La MINUSCA exhorte ainsi ces populations à abandonner toute idée de représailles et à placer la paix, la réconciliation et la cohésion sociale au-dessus de toute autre considération», a ajouté la mission onusienne.
Depuis mars 2013, la RCA est secouée par un pronfond conflit intercommunautaire opposant Séléka (groupes politico-militaires musulmans) et anti-Balaka ( milices chrétiennes), ayant fait des centaines de morts dans les deux camps et obligé des dizaines de milliers de musulmans à quitter la RCA vers les pays voisins, fuyant les exactions des anti-Balaka.
Ces derniers mois, un certain retour au calme avait été enregistré au niveau de la capitale Bangui. Alors qu’à Bambari (Centre-est) où la Séléka avait installé son état-major et dans d'autres provinces qui sont hors du contrôle des missions onusiennes et françaises, des violences intercommunautaires reviennent de temps à autre, générées par des attaques de la part des anti-Balaka.