Lassaad Ben Ahmed
07 Décembre 2017•Mise à jour: 07 Décembre 2017
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Quelque 120 groupes armés et rébellions étrangères opèrent dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, deux provinces de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a révélé, jeudi, un rapport conjoint de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) et du Groupe d’Etudes sur le Congo (GEC), un projet de recherche de l’Université de New York.
Dans ces deux provinces frontalières avec le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, "au moins 526 civils ont été tués, au moins 1087 personnes ont été enlevées ou kidnappées pour obtenir une rançon, et il y a eu au moins 11 incidents de viols massifs", de juin à novembre 2017, indique le rapport parvenu à Anadolu.
Les forces de sécurité congolaises ont été responsables de "plus de 100 morts violentes au cours des six derniers mois, soit plus que n’importe quel groupe armé", souligne le rapport, dont les conclusions se fondent sur les entretiens avec des victimes d’abus et leurs familles, des témoins, des chefs traditionnels , des membres du Clergé, des activistes et des agents du Gouvernement.
L’un des "pires" incidents recensés a été le massacre d’au moins 39 réfugiés burundais par les forces de sécurité congolaises à Kamanyola, au Sud-Kivu, le 15 septembre, ajoute le document, dans lequel les deux organisations annoncent le lancement d’un nouveau "Baromètre sécuritaire" qui rendra compte des "pires violences" commises dans ces deux provinces, à l’aide de cartes, de graphiques et de rapports analytiques.
Le Baromètre sécuritaire "fournira aux décideurs politiques, aux journalistes, aux activistes et autres personnes concernées un outil innovant permettant de mieux comprendre les violences", a déclaré dans le même texte, Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à HRW.
Le conflit armé dans l’Est de la RDC a été exacerbé par la crise politique sévissant dans le pays, liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà de son dernier mandat qui a pris fin le 19 décembre 2016.
"Kabila a retardé les élections et a eu recours à la violence, à la répression, et à la corruption pour se maintenir au pouvoir", accusent les deux organisations.
En revanche, des groupes armés ont formé des coalitions pour contester la prolongation de la présidence de Kabila, tandis que le gouvernement a "violemment réprimé des manifestants pacifiques", estiment-elles.