Nadia Chahed
20 Juin 2017•Mise à jour: 20 Juin 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Au moins 3383 personnes sont mortes, depuis octobre, dans les violences meurtrières au kasaï (Centre de la RDC), a annoncé mardi l'Eglise catholique Romaine.
Les violences opposant depuis près d'une année les forces de l'ordre aux partisans de Kamwina Nsapu, un chef coutumier local tué par la police en août dernier, ont également causé la "destruction ou la fermeture" de 141 écoles et de 31 centre de santé, indique la même source dans une note adressée au haut commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme et consulté par Anadolu.
Vingt villages ont, par ailleurs, été complètement détruits dont "dix par l’armée congolaise, quatre par les miliciens de Kamwina Nsapu et d’autres par des inconnus" alors que "soixante paroisses catholiques et trente-quatre maisons religieuses ont été endommagées ou fermées et deux évêques partis en exil à cause de l’insécurité", révèle le même document.
Riche en ressources minières, la région du kasaï est pourtant classée parmi les plus pauvres du pays. Elle se trouve secouée depuis près d'une année par une grave crise sécuritaire qui a fait entre 500 et 1000 morts et poussé 1,3 million de personnes à se déplacer, selon les Nations unies.
Deux experts onusiens qui enquêtaient sur ces violences avaient été tués dans cette province en mars dernier.
Début juin à Genève, le haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein, avait appelé à ouvrir une enquête internationale et indépendante sur les violences dans la région du Kasaï mais Kinshasa s’y était opposée en exigeant de garder la direction de cette enquête.
L'ONU accuse les miliciens d’enrôler des enfants et d’avoir commis des atrocités mais dénoncent également l’usage « disproportionné » et « inapproprié » de la force par les forces de sécurité congolaise.