Nadia Chahed
20 Décembre 2017•Mise à jour: 20 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Pas moins de 700 violations des droits de l'homme ont été commises durant le mois de novembre dernier par les forces de sécurité et les groupes armés en République démocratique du Congo (RDC), a déploré mercredi l'ONU.
À l’instar des mois précédents, les agents de l’État (armée, police et service de renseignement) ont commis plus de violations des droits de l’homme que les combattants de tous les groupes armés confondus, a révélé le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNDUH) dans un rapport présenté mercredi lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
Les agents de l’Etat "sont responsables de plus des deux tiers des violations documentées, soit 477 violations", contre 442 violations en octobre et 374 en septembre, relève , selon le rapport auquel Kinshasa n’a pas encore réagi.
Ils ont en outre, été responsables de l’exécution "extrajudiciaire" de 274 personnes alors que les groupes armés auteurs de 224 "atteintes aux droits de l’homme", ont exécuté 73 personnes dont neuf femmes et sept enfants, selon le même document.
Parmi les groupes armés, le Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) actif dans dans le Nord-est est identifié par le bureau onusien comme le groupe armé ayant commis le plus grand nombre de violations en novembre.
L’Agence onusienne se dit par ailleurs "inquiète" face à "l’augmentation de 72 % des violations des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique sur l’ensemble du territoire par rapport au mois d’octobre de la même année".
Ce nombre (234 violations) est "le plus élevé depuis le début de l’année" et "confirment le manque de volonté des autorités congolaises de créer les conditions nécessaires pour un processus électoral libre, crédible, juste, transparent et pacifique", accuse l'ONU, regrettant l’adoption, en novembre dernier, par l’Assemblée nationale – d’une loi qui restreint les activités des défenseurs des droits de l’homme.
Les Nations-Unies dénoncent régulièrement les violations des droits de l'Homme en RDC, pays dont l’élection en octobre dernier au conseil des droits de l’homme de l'ONU a suscité critiques et colère de nombre de pays occidentaux.