Hatem Kattou
01 Août 2017•Mise à jour: 01 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme, Amnesty international a dénoncé "l'usage excessif de la force" par les agents de l'ordre lors des manifestations de mouvements citoyens qui se sont tenues lundi dans différentes villes de la République démocratique du Congo (RDC).
A l'appel des mouvements citoyens, de la société civile et des organisations de défense de droits humains, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dans les différentes grandes villes du pays "pour dire non à la présidence à vie de Joseph Kabila et exiger les élections avant la fin de cette année".
Ces manifestations ont été étouffées par la police qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et arrêté quelques dizaines de manifestants, selon des propos recueillis par Anadolu auprès des protestataires.
"Le recours excessif à la force et les arrestations en masse contre des manifestants pacifiques sont inacceptables. Les autorités congolaises doivent de toute urgence prendre des mesures pour arrêter cette répression acharnée contre toute forme de dissidence", a déclaré lundi soir dans un communiqué parvenu à Anadolu, Jean-Mobert Senga, chercheur pour Amnesty International en RDC.
L’ONG a dans le même document accusé les forces de sécurité congolaises d’avoir tiré des balles réelles sur des manifestants "pacifiques".
Quatre manifestants ont été blessés dont un grièvement, d'après Amnesty.
Une centaine de manifestants ont été interpellés dans 11 provinces congolaises, y compris des journalistes qui couvraient ces manifestations, indique Amnesty qui "exige la libération immédiate et sans condition de tous les manifestants arrêtés".
Le porte-parole de la police congolaise, le colonel pierrot Mwanamputu a indiqué à Anadolu, que "seule une cinquantaine de fauteurs de troubles ont effectivement été arrêtés".
La tension est vive en RDC depuis que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui devait initialement clôturer l'opération d'enregistrement des électeurs ce lundi 31 juillet 2017 s'était déclarée dans l’impossibilité de clôturer le fichier électoral à la date initiale.
La Commission avait ensuite prévenu d'un éventuel report de la présidentielle prévue pourtant en fin d’année par l'accord du 31 décembre 2016 signé par le pouvoir et l'opposition.
La situation risque de s'aggraver dans les jours à venir surtout que la principale coalition de l’opposition a appelé à observer deux journées "ville morte" les 8 et 9 août prochain, pour revendiquer le départ du président Joseph Kabila, resté à son poste au delà de l'arrivée à terme de son mandat constitutionnel ( décembre 2016).