Nadia Chahed
30 Décembre 2017•Mise à jour: 30 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les forces de sécurité congolaises ont annoncé samedi avoir arrêté le "cerveau" de l'assassinat en mars dernier de deux experts onusiens dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
Constantin Tshidime, chef du village de Moyo Musuile dans la province du Kasaï-central où les deux experts de l’ONU avaient été tués "a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi dans le territoire de Dibaya par les forces de sécurité et a été transféré dans la ville de Kananga pour répondre de ses actes", a déclaré samedi à Anadolu le lieutenant Anthony Mualushayi, porte-parole de l’armée dans cette région.
Lors du procès relatif à l'assassinat des deux experts de l'ONU, ouvert le 5 juin dernier et toujours en cours à Kananga, le nom de ce chef tribal a été cité à plusieurs reprises et présenté par le parquet comme celui du "cerveau" de l'exécution des deux experts.
Les deux experts onusiens Zaida Catalan, Suédo-chilienne et Michael Sharp, Américain, ont été tués le 12 mars 2017, alors qu’ils enquêtaient sur les violences qui ravageaient la région du Kasaï,classée parmi les plus pauvres de a RDC.
Le parquet général suédois avait critiqué ce procès, en novembre dernier, estimant que l’enquête préliminaire menée par Kinshasa n’était pas "conforme" aux standards légaux "minimum". Selon le même organe, rien ne permet actuellement d'exclure que des "personnalités" congolaises soient impliquées dans cet assassinat.
Dans cette affaire, l’ONU détient deux rapports réalisés par ses enquêteurs et tous consultés par Anadolu.
L’un datant de juin, évoque un "guet-apens prémédité", sans exclure l'implication de membres de la sécurité d'Etat, alors que l’autre, émis en août, évoque un crime commis par des miliciens et réclame des investigations complémentaires pour identifier formellement les auteurs.
"S'il est donc vrai qu'un agent de l'Etat au moins est impliqué dans ce drame, rien ne permet d'en déduire la complicité ou l'implication du gouvernement de la RDC dans ce crime", a déclaré la semaine dernière dans une conférence de presse à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé.