Nadia Chahed
16 Mars 2019•Mise à jour: 16 Mars 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Des contestations ont été organisées, samedi par les partisans du président Felix Tshisekedi, dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC) pour dénoncer l'échec du parti présidentiel UDPS aux élections sénatoriales, tenues vendredi.
Une manifestation des militants de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPAS) dans la région du Kasaï (centre) s'est soldée par la mort d'un policier, a appris Anadolu d'une source officielle locale.
Scandant des chants hostiles à leurs députés qu'ils accusent d'avoir " vendu leurs voix" lors des Sénatoriales, des jeunes militants de l'UDPS ont défilé dans les rues de Mbujimayi, a déclaré à Anadolu le maire de cette ville, Louis d'or Ntumba.
Après avoir pillé la maison d'une députée de la coalition de Kabila ( l'ancien président dont la plateforme a remporté les Sénatoriales), les manifestants ont lynché un policier, a ajouté la même source.
Malgré la présence de ses députés provinciaux dans plusieurs Assemblées du pays, le parti du président Tshisekedi n'a obtenu qu'un seul siège au sénat, alors qu'il s'attendait en avoir 4 pour Kinshasa et 6 dans la région du Kasaï.
Le seul sénateur élu sous la bannière de l'UDPS est François Mwamba pour la province du Kasaï-Oriental dont Mbujimayi est le chef-lieu.
Dans la capitale Kinshasa, des centaines de militants de l'UDPS ont manifesté leur colère en barricadant des routes et brûlant de pneus. Pour les disperser la police a eu recours au gaz lacrymogènes, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Les manifestants ont saccagé le siège provincial du parti de Kabila [ PPRD ] dans l'est de Kinshasa avant de se ruer vers le Palais du Peuple siège de l'Assemblée nationale et le Sénat.
A Goma, principale ville de l'est de la RDC, les partisans de l'UDPS ont manifesté, exigeant la démission des dirigeants du parti et la radiation de leurs députés provinciaux qu’ils considèrent comme étant des "corrompus".
A l'issue des élections, Le front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président , Joseph Kabila a revendiqué plus de 2/3 des 100 sièges pourvus au Sénat au terme de l'élection de vendredi. Le nombre total de sénateurs est de 108.
Le 109 ème siège reviendra à Joseph Kabila à qui la constitution attribue le statut de sénateur à vie.
Cette victoire n'est pas surprenante car la coalition dirigée par l'ex-chef de l'Etat dispose d'une majorité écrasante aux assemblées provinciales, qui élisent les sénateurs , les gouverneurs de province et leurs adjoints.
En janvier, l'opposant Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018 et a été investi malgré les contestations de l'opposition et l'Eglise catholique.
Le FCC, mené par Kabila, conserve une nette majorité à l'Assemblée nationale.
Les élections sénatoriales tenues vendredi sont entachées de nombreuses allégations de corruption.
Près de 20 candidats se sont d'ailleurs, retirés de ces élections, dénonçant des demandes de pots-de-vin venant de certains députés provinciaux.