Lassaad Ben Ahmed
28 Avril 2019•Mise à jour: 29 Avril 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le président congolais, Felix Tshisekedi, a confié la riposte de l'épidémie de la maladie à Virus Ebola qui a déjà fait plus de 900 morts dans deux provinces de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à un comité "multisectoriel" piloté par le Premier ministre, Bruno Tshibala.
L'annonce a été faite, samedi, à l'issue d'une réunion extraordinaire de Tshisekedi avec les ministres de la Santé, de la Défense, de l’Intérieur, des Finances, du Budget et des Affaires humanitaires, et des experts sanitaires, selon un compte-rendu du service de communication de la présidence.
La riposte sera, ainsi, dirigée par un comité qui "connaîtra l'implication de la présidence de la République, des ministères de la Défense, de l'Intérieur, des Finances, du Budget et des Affaires humanitaires", souligne la présidence de la République, dans un compte rendu de son service de communication.
Tshisekedi a également associé des experts nationaux dans ce comité.
Reconnu pour avoir été l'un des chercheurs ayant découvert le virus Ebola en 1976, le directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe fait partie du comité de pilotage.
L'armée et la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) "ont vu leur rôle renforcé en vue de sécuriser les centres de riposte et de traitement" d'Ebola, selon le même compte-rendu de la présidence congolaise.
Ebola "doit être vaincu le plus tôt", a déclaré le Président.
Pour ce faire, les ministres des Finances et du budget "ont été instruits pour mettre les moyens conséquents à la disposition du comité de pilotage de riposte afin que les experts disposent de toute la logistique appropriée", rapporte le service de communication.
Déclarée depuis le 1er août 2018, l'épidémie d'Ebola a déjà fait 914 morts, dont 848 parmi les 1351 cas confirmés, selon le dernier décompte du ministère de la Santé.
Heurtée à des réticences d'une partie de la population, la lutte contre la dixième épidémie en RDC depuis la découverte du virus en 1976 est également compliquée par la présence de groupes armés et la forte mobilité de la population.
Malgré cette réticence, quelque 106.239 personnes ont été vaccinées depuis le début de la vaccination, le 8 août 2018. 405 personnes sont guéries de la maladie.
Ces derniers mois, les centres de traitement d'Ebola ont été attaqués à plusieurs reprises par des miliciens de groupes armés dans le Nord-Kivu.
Un médecin camerounais déployé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été tué vendredi 19 avril à Butembo, l'une des zones de persistance de l'épidémie meurtrière. La justice militaire a annoncé avoir mis la main sur une dizaine d'assaillants, auteurs présumés de ce meurtre.
L'épidémie "reste dangereuse" car le risque de propagation nationale et régionale reste "très élevé" d'après l'OMS, qui s'est récemment montrée "préoccupée par l'augmentation des cas et la flambée des décès".
Pour endiguer la maladie, les équipes sanitaires vaccinent les malades et leurs contacts y compris les membres de leurs familles.
Mais avec des dizaines de cas confirmés et des décès chaque semaine, l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola est loin d'être éradiquée dans les deux provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.