Lassaad Ben Ahmed
07 Janvier 2021•Mise à jour: 08 Janvier 2021
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'est déclaré choqué par le massacre de civils dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et a appelé les autorités à traduire les auteurs en justice.
Au moins 25 villageois ont été tués lors d'attaques récentes attribuées à la milice des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les villages de Tingwe, Mwenda et Nzenga, près du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, selon les autorités.
Dans une déclaration publiée par son porte-parole, Stéphane Dujarric, le secrétaire général António Guterres « a fermement condamné la violence contre la population civile et a appelé à ce que les auteurs de ces atrocités soient rapidement traduits en justice».
Le chef de l’ONU a réitéré son appel à un « cessez-le-feu mondial » et a exhorté tous les groupes armés à déposer les armes.
Le chef de l'ONU a également exhorté les autorités congolaises à prendre des mesures concrètes pour s'attaquer aux moteurs du conflit dans l'est du pays », soulignant, dans la foulée, la détermination de la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le pays (MONUSCO) « à continuer à faire tout son possible pour assurer la protection des civils conformément à son mandat et à soutenir les efforts nationaux pour consolider la paix et la stabilité dans le pays ».
Groupe d’origine ougandaise, les Forces démocratiques alliées (ADF), l’un des nombreux groupes armés dans l’est congolais, est actif depuis les années 90.
Il a mené plusieurs attaques contre les forces de sécurité et la MONUSCO, y compris une attaque en décembre 2017, au cours de laquelle 15 soldats de la paix tanzaniens ont perdu la vie et 44 autres ont été blessés.
Ce groupe armé qui n’a jamais eu de revendications politiques, est considéré comme responsable des massacres de plusieurs milliers de civils dans le territoire de Beni depuis 2014.
Les exactions contre les civils ont potentiellement augmenté dans le territoire de Beni depuis le 31 octobre 2019, date du lancement des opérations militaires d'envergure contre les dirigeants et les bases de l’ADF.
En représailles pour dissuader les civils de collaborer avec les militaires, l’ADF avait intensifié ses exactions.
Depuis avril 2019, plusieurs de leurs attaques ont été revendiquées par la branche de Daech en Afrique centrale.
Malgré ces revendications, le Groupe d’experts de l’ONU « n’a pu confirmer aucun lien ou soutien direct entre l’El ( Daesh) et les ADF », selon son rapport, publié fin décembre.