Esma Ben Said
02 Janvier 2018•Mise à jour: 02 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Fiston Mahamba
Kinshasa a annoncé, lundi soir, le rétablissement du services internet et SMS pour les utilisateurs de la téléphonie mobile après deux jours d'interruption de ces derniers en raison de "sécurité d'État".
Le ministre Congolais de postes, télécommunications et nouvelles technologies de l'information et de la communication (PTNTIC), Emery Okundji Ndjovu, a indiqué que "le rétablissement d'internet et de SMS interviendra à partir de 23 heures de Kinshasa (22 heures GMT) ce lundi".
Joint au téléphone par Anadolu, Ndjovu a affirmé que les circonstances qui ont justifié la prise de cette mesure ont été évaluées par son ministère et qu' il a été décidé de rétablir l'accès à internet et aux SMS sur toute l'étendue de la République Démocratique du Congo.
"Je confirme qu'à partir de 23 heures de Kinshasa les habitants de la RDC peuvent réutiliser les services internet et SMS comme d'habitude" a-t-il précisé.
Le ministre Congolais a de nouveau expliqué que la suspension des services avait eu lieu en vue de garantir aux populations congolaises une sécurité pendant les festivités de fin d'année face à la menace d'appels à manifestions.
Pendant les deux jours d'interruption de ces moyens de communication, seuls les abonnés aux services internet via satellite avaient accès à internet. Certains habitants de villes congolaises frontalières des neufs pays limitrophes s'étaient procurés des puces de réseaux cellulaires transfrontaliers pour rester connecter pendant ces deux jours de black-out.
L'appel à manifester le 31 décembre, lancé par le comité laïc de coordination, une structure de l'Église Catholique soutenue par la majorité des mouvements citoyens et de partis de l'opposition congolaise a été largement suivi, notamment dans la ville de Kinshasa, capitale du pays.
Les forces de l'ordre et de sécurité ont été accusées d'avoir fait recours à l'usage disproportionné de force face aux manifestants pacifiques. Alors que la mission de l'ONU en RDC a avancé le bilan de huit morts, plusieurs blessés et 123 arrestations, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé Kinshasa à la retenue et les forces de l'ordre et de sécurité à respecter et garantir la liberté de manifestation aux populations congolaises.