Lassaad Ben Ahmed
13 Décembre 2017•Mise à jour: 14 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont reçu un financement belge d’environ 10 millions de dollars, en faveur de la République démocratique du Congo, ont annoncé mercredi les deux organisations dans un communiqué conjoint.
Ce fonds sera consacré à l'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 111 mille personnes dans le Kasaï, au centre de la RDC.
Ce financement devrait permettre au PAM de mener plusieurs activités caritatives, dont notamment la distribution des paniers alimentaires, assurer le traitement des femmes et filles enceintes et allaitantes dans cette région, selon le communiqué.
Le FAO, de son côté, distribuera des kits vivriers et maraîchers, des tonnes de céréales et de pomme de terre douce ainsi que de semences de légumineuses, dégaine l’Agence onusienne.
Ces interventions "permettront, d’une part, de protéger les populations et de renforcer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. D’autre part, elles favoriseront la relance de la production agricole et son rôle clé dans la cohésion sociale des populations affectées par la crise", a déclaré Claude Jibidar, chef du PAM en RDC.
Les deux organisations ont, dans le communiqué, salué ce financement belge qui permettra de "mettre en œuvre des interventions fondamentales", mais ont rappelé que l’ampleur du drame que vivent les populations "réclame une solidarité accrue".
Elles ont, en outre, plaidé pour une paix "durable" qui permette à "chacun de cultiver sa propre nourriture, de reconstruire ses moyens d’existence et de garantir un avenir plus prospère à ses enfants".
Plusieurs provinces de cette région se sont embrasées en Août 2016, après la mort d’un chef tribal influent (Kamwina Nsapu) dans un assaut brutal des forces de sécurité.
Les violences entre forces de sécurité et milices ont fait pas moins de 5 000 morts [1 300, selon Kinshasa et plus de 3 300, selon l’Eglise catholique] et poussé 1.4 millions de personnes à fuir l’insécurité, selon l’ONU.
La situation sécuritaire s’est stabilisée dans plusieurs endroits et les déplacés ont commencé à rentrer chez eux, selon les Gouvernement.
L’UNICEF a prévenu mardi qu’au moins 400 000 enfants de moins de cinq ans, souffrant de malnutrition "aiguë sévère" dans cette région pourraient mourir en 2018, s’ils ne sont pas assistés en interventions "sanitaires et nutritionnelles".
La RDC compte actuellement 4.1 millions de déplacés, avec une progression de 1,7 million cette année, d'après l’ONU qui a activé en Octobre dernier le "plus haut niveau" de réponse d’urgence humanitaire dans ce pays où le niveau de déplacement des personnes suite à des conflits dépasse celui enregistré en Syrie, au Yemen et en Irak, selon un dernier rapport du centre de surveillance des déplacements internes.