Lassaad Ben Ahmed
12 Novembre 2017•Mise à jour: 12 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le gouvernement congolais a donné, dimanche, un nouveau bilan de l’épidémie de choléra faisant état de 871 décès depuis le début de l’année jusqu’au 5 novembre, a appris Anadolu de source officielle.
"Depuis janvier 2017, nous comptons 43.852 cas suspects et 871 décès, soit une létalité de 1,9% […] Par ailleurs, au moins un cas de choléra a été identifié dans 21 des 26 provinces de la RDC et 200 des 515 zones de santé ont déjà été touchées au moins une fois", a écrit le ministère congolais de la Santé publique dans un communiqué parvenu à Anadolu.
Jusqu’à fin octobre, la maladie avait déjà atteint 41 858 personnes et causé 807 décès, selon les autorités sanitaires qui veulent "éviter de revivre la catastrophe" de 1994 à Goma (Est), où 58.057 personnes étaient décédées de la maladie, selon le communiqué.
"Nous parlons ici de pertes de vies humaines évitables. Notre devoir est de mettre en place des mécanismes d’intervention rapide afin d’éviter de revivre la catastrophe de 1994 à Goma", a déclaré, dans le communiqué, le chef du Programme national d’Elimination du Choléra et de lutte contre les autres Maladies diarrhéiques (PNECHOL-MD), Professeur Didier Bompangue.
Il a rappelé que cette dernière avait fait 58.057 morts, dont 12.000 la première semaine de l’épidémie.
Dans le même communiqué, le ministère a fait état de la propagation du choléra dans la région du Kasaï (Centre) où 600 cas ont été répertoriés dans six zones de santé dans la période allant du 30 octobre au 5 novembre 2017.
Dans cette région "fragilisée" du pays, le Cholera s’est déclaré "en raison de l’absence de structures de soins adaptées ainsi que la difficulté d’accès à la région", selon le ministère.
Dimanche matin, Six tonnes "d’intrants" ont été acheminés dans les trois plus grands foyers apparus dans la région du Kasaï, à savoir Ngandajika, Mwene Ditu et Luisa, détaille le communiqué - alors qu’une "équipe d'experts est également arrivée à Ngandajika aujourd'hui avec 4.000 litres de soluté de Ringer".
La région du Kasaï a été le théâtre des violences meurtrières ayant fait durant un peu plus d’un an pas moins de 5 000 morts selon l’ONU et poussé 1.4 million de personnes au déplacement interne.
Dans l’appui à la riposte, seuls l’organisation mondiale de la santé (OMS) et les Gouvernements congolais et chinois ont déjà débloqué des fonds en faveur des équipes sanitaires déployées, a indiqué le ministre de la santé Oly Ilunga.