Lassaad Ben Ahmed
19 Juillet 2020•Mise à jour: 20 Juillet 2020
AA/ Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une nouvelle manifestation a eu lieu, dimanche, dans les rues de Kinshasa à l’appel du Comite laïc de coordination (CLC, Collectif catholique) pour protester contre le choix de Ronsard Malonda à la tête de la commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la « caporalisation » de la magistrature.
Munis des banderoles, des manifestants avec des rameaux et crucifix, ont déferlé de la commune de Masina (est) jusqu’à l’échangeur de Limete, a constaté le correspondant de l’Agence Anadolu.
La manifestation, bien qu’interdite par les autorités, a été encadrée par la police « sans incident majeur », a déclaré à Anadolu, Hervé Diakese, porte-parole du CLC.
Au niveau pont Matete, la police a lancé des grenades à gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Ces partisans du collectif catholique - qui avait notamment organisé des manifestations contre l’ancien président Kabila en 2017 et 2018 - considèrent que Ronsard Malonda a été désigné à l’issue d’une procédure « opaque » et demandent au président Félix Tshisekedi de ne pas entériner sa désignation.
Le président Tshisekedi dont la coalition est minoritaire au parlement, a refusé de nommer Ronsard Malonda à la tête de la Ceni, affirmant que sa désignation « est fortement contestée, en fait, comme en droit », par certains membres de cette composante », ainsi que par l’Église catholique, l’Église protestante et l’Église Kimabaguiste.
Quant aux lois de réformes judiciaires portées par le camp de l’ancien président Joseph Kabila majoritaire au parlement, leur examen au parlement a été renvoyé en septembre.
Introduits par le député Aubin Minaku, qui a dirigé l’assemblée de 2012 à 2019, ces trois projets de loi devraient placer les procureurs sous l'autorité directe du ministre de la Justice, alors qu'ils sont actuellement considérés comme des agents du tribunal. Le garde des sceaux congolais est un portefeuille qui revient au camp Kabila, le FCC.
« Ces lois visent à orchestrer une caporalisation de la magistrature », avait invoqué le CLC dans son communiqué, faisant appel à la marche de ce dimanche.
Aucun manifestant n’a été interpellé à Kinshasa lors de la marche, a affirmé le chef de la police, le général Sylvano Kasongo.