Lassaad Ben Ahmed
16 Décembre 2020•Mise à jour: 17 Décembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, en visite en République démocratique du Congo (RDC) depuis dimanche dernier, a été reçu mardi soir par le Président Felix Tshisekedi avec qui il a abordé la crise sécuritaire dans l’est du pays et le bras de fer politique qui l’oppose à son prédécesseur Joseph Kabila.
Lacroix a indiqué à la presse, avoir abordé avec le Chef de l'Etat congolais la manière dont l'ONU entend poursuivre son partenariat avec la RDC et « comment elle entend travailler dans les prochains jours afin d'aider le peuple congolais à relever les différents défis », selon un compte-rendu de la présidence congolaise.
Il s’agit, selon Lacroix, des défis sécuritaires dans l'est du pays, les défis liés à la situation socio-économique et au défi humanitaire. Les effets de la pandémie de la Covid-19 ont aussi été passés en revue.
Le Président Tshisekedi a expliqué à son interlocuteur la situation politique actuelle, ses point de vue et les perspectives qui n’ont pas été révélées aux médias.
Jean-Pierre Lacroix a déclaré avoir écouté le président de la République « avec beaucoup d’intérêt » et lui avoir affirmé qu’au sujet du retrait progressif des Casques bleus de la Monusco, une « stratégie graduelle de sortie » sera adoptée « en fonction de la situation sur le terrain ».
Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononcera sur le sujet le 20 décembre courant. Lacroix poursuivra sa mission de 5 jours en RDC par une descente dès ce mercredi dans les provinces les plus touchées par les conflits armés dans l’est du pays, notamment le Nord–Kivu, le Sud–Kivu et l'Ituri.
Au début de sa mission, Lacroix avait rencontré les dirigeants de la coalition pro Kabila, le front commun pour le Congo (FCC) majoritaire au parlement et qui accuse le président Felix Tshisekedi d’une salve de violations de la constitution.
Tshisekedi avait annoncé, lundi, vouloir nommer un nouveau gouvernement devant réunir des personnalités qui ont récemment rejoint sa nouvelle dynamique de "l'union sacrée". Elle est composée des pro-Tshisekedi, de l’opposition et des députés débauchés dans le camp Kabila.
L’actuel gouvernement accusé de bloquer les initiatives du Président, est composé à 65 % des pro-Kabila dont le Premier ministre et à 35 % par des proches de Tshisekedi.