Nadia Chahed
25 Avril 2018•Mise à jour: 26 Avril 2018
AA / Beni-Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plus de 40 personnes dont des militants de l'opposition et de la société civile ont été arrêtées mercredi à Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’une marche contre l’insécurité dans cette région, a appris Anadolu d'une source de la société civile locale.
Partie de Bel Air, un quartier populaire de cette ville située dans le Nord de la province du Nord-Kivu, « la marche a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes par la police », a indiqué dans une déclaration à Anadolu Georgette Masika, membre du bureau local de la société civile
« Jusque-là 42 manifestants dont des citoyens et quelques membres de Lucha ( Mouvement citoyen lutte pour le changement) sont aux arrêts (…) il y a eu également 4 blessés lors de la répression policière », a déclaré à Anadolu, Bienvenu Matumo, un chargé de la communication au sein de ce mouvement initiateur de cette mobilisation.
Il a, en outre, expliqué que la marche de ce mercredi a été organisée pour « dénoncer la léthargie ou la complicité des autorités face aux massacres interminables de la population ».
Joint par Anadolu, le chef de la police de Beni, Jean-Félix Safari a confirmé l’interpellation « des « jeunes troubleurs qui peuvent faciliter l’intrusion de l’ennemi dans la ville », sans donner plus de détails sur le nombre de personnes arrêtées.
Depuis plusieurs mois, la grogne s’est intensifiée à Beni face à la recrudescence des massacres perpétrés par les rebelles ougandais des forces démocratique alliés( ADF), très actifs dans cette région du pays.
Au terme d'une semaine marquée par de multiples embuscades meurtrières contre des civils, la société civile de Beni a appelé à observer une journée ville morte à Beni, un appel qui fût largement suivi par la population locale.
Les protestations contre l'insécurité s'intensifient alors que l’armée poursuit son offensive lancée depuis janvier contre les rebelles ADF.
Vendredi, la Mission onusienne en RDC (Monusco) a annoncé apporter son soutien à l'armée congolaise contre les ADF depuis lundi, notamment avec des hélicoptères pour pilonner leurs sanctuaires.
Opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont accusés d’avoir tué à l’arme blanche un millier de civils depuis 2014. A cela s’ajoute un robuste assaut contre une base de l’ONU en décembre dernier dans cette même région, faisant 15 morts et plusieurs dizaines de blessés dans les rangs des casques bleus tanzaniens.