Nadia Chahed
09 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA/ Kananga /Pascal Mulegwa
Trois ans de prison ferme ont été requis mardi par le parquet de Kananga (Centre de la République démocratique du Congo-RDC),contre dix membres du Mouvement citoyen lutte pour le changement (Lucha) accusés de "désobéissance à l’autorité publique", a appris Anadolu d'une source de la défense.
Les militants dont l'âge varie entre 20 et 30 ans avaient été arrêtés le 29 décembre à Kananga, capitale de la province du Kasaï-central, lors d’un sit-in marquant le début des trois journées de mobilisation des mouvements citoyens contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.
"Ce réquisitoire va tomber car mes clients n’ont rien fait […] on ne peut pas condamner quelqu’un pour un arrêté qui n’a pas été vulgarisé" a déclaré à Anadolu Oscar Mukengeshayi, un des avocats de la défense.
Le parquet reproche aux militants d’avoir tenu une manifestation en contradiction à un arrêté du maire qui interdit toute manifestation publique - rappelant que Kananga "vient de sortir d’une situation calamiteuse due à l’incursion de la milice Kamuina Nsapu" et qu’elle est déclarée "secteur opérationnel militaire".
Lors des plaidoiries devant le tribunal de paix de Katoka à Kananga, la défense, a souligné que ses clients n'avaient pas pris connaissance de l'arrêté en question.
Cinq autres militants de Filimbi (Sifflet en Swahili), un des principaux mouvements citoyens congolais avaient été arrêtés le 30 décembre par des agents de l'Agence nationale de renseignements (ANR) et restent en détention.
Ces jeunes faisaient du "porte-à-porte" pour sensibiliser les Congolais sur la marche du 31 décembre dernier organisée par des laïcs catholiques qui demandaient à Kabila de s'engager publiquement à quitter le pouvoir.
"Ils sont accusés d'outrage au chef de l’État et incitation à la révolte", selon Chris Kabeya, leur avocat joint mardi par Anadolu.