Lassaad Ben Ahmed
17 Mars 2020•Mise à jour: 17 Mars 2020
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L'ancien chef de guerre congolais, Germain Katanga, condamné par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité, a été libéré lundi soir à Kinshasa, vingt-quatre heures après la libération d'un autre chef de guerre, Thomas Lubanga.
Ancien commandant de la milice des Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), qui vient de conclure un accord de paix avec le gouvernement de la RDC, début mars, le général de brigade, Germain Katanga, est sorti de prison lundi soir à Kinshasa, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Surnommé Simba (Lion en swahili), Katanga, joint par Anadolu après sa libération, dont les contours restent flous, s’est abstenu de faire une déclaration.
Il avait été reconnu, devant la CPI, coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour avoir contribué, selon le jugement, à détruire le village de Bogoro lors d’une attaque, ayant fait environ 200 morts, en 2003.
La CPI l'avait condamné à 12 ans de prison, en mars 2014. En décembre 2015, il avait choisi de finir sa peine à Kinshasa, une année avant son expiration.
La Cour lui avait enjoint à verser un million de dollars aux 297 victimes de ces crimes. Jugé indigent, Germain Katanga avait, en revanche, souhaité contribuer à la réparation de ses victimes « en présentant volontairement ses excuses».
Après avoir purgé sa peine le 18 janvier 2016 suite au retrait de ses sept ans de détention préventive, sa remise de peine pour bonne conduite et après les regrets exprimés, Germain Katanga étant général de brigade au sein de l’armée loyaliste, avait été maintenu en prison, suite à de nouvelles poursuites engagées par l'auditorat général de l'armée.
Il était poursuivi par le parquet, pour "crime de guerre, crime contre l'humanité et participation à un mouvement insurrectionnel".
La veille de sa libération, c'est Thomas Lubanga, un autre chef de guerre Congolais, qui a eu le triste privilège d'avoir été le premier condamné de la CPI, est sorti de prison après expiration de ses 14 ans de prison pour recrutement d'enfants dans les rangs de sa milice, l'UPC.