Mohamed Hedi Abidellaoui
05 Avril 2017•Mise à jour: 05 Avril 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L’Organisation des Nations unies (ONU) a appelé, mercredi, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à trouver des solutions politiques à la flambée des violences dans le centre du pays.
« La MONUSCO (mission onusienne en RDC, ndlr) exhorte le gouvernement à intensifier ses efforts pour trouver des solutions politiques acceptables », a déclaré le représentant du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Maman Sidikou, cité dans un communiqué dont Anadolu a eu copie.
« Il est clair qu’il n’y a pas de solution militaire à ces violences », a affirmé le responsable onusien, prévenant que l’intensification de la réponse militaire « ne fera qu’exacerber la violence et mettre davantage les populations civiles en danger ».
Pour Sidikou, « il existe des liens clairs » entre les violences dans les provinces du Kasaï et le retard dans la mise en application de l’accord politique, signé le 31 décembre dernier, entre le pouvoir et l’opposition pour une sortie de crise.
« Ce n’est pas un fait du hasard que l’escalade des violences ait coïncidé avec l’évolution politique récente à Kinshasa. Pour l’amour du peuple congolais et du pays, j’exhorte toutes les parties à trouver rapidement un compromis qui permette la mise en œuvre totale de l’accord et la tenue d’élections pacifiques en décembre», a conclu le représentant de l’ONU en RDC.
Devant les deux chambres du parlement réunies en congrès dans la journée, le président congolais Joseph Kabila a appelé au « calme » dans les Kasaï et invité les jeunes engagés dans « des aventures sans lendemain » à déposer les armes et à « cesser leurs aventures criminelles».
Condamnant les atrocités commises contre les victimes innocentes, il a poursuivi : « …En raison de la persistance des troubles, nous devons rétablir l’autorité de l’Etat par tous les moyens légaux ».
Dans ce sens, Kabila a fait savoir que des ordonnances ont été signées pour créer un centre opérationnel dans les Kasaï.
« Le gouvernement a été instruit pour améliorer sa présence dans ces milieux, en vue de résoudre les nombreux conflits coutumiers», a-t-il encore précisé.
Le dirigeant congolais dont le deuxième et dernier mandat constitutionnel est arrivé à terme le 19 décembre dernier a, par ailleurs, assuré que les crimes commis par les miliciens contre la population et les agents des Nations unies ne « resteront pas impunis ».
Depuis août 2016, le centre de la RDC est le théâtre d'affrontements entre les forces de défense et de sécurité congolaises et les miliciens de Jean-Pierre Mpandi, chef coutumier influent, abattu par la police dans la ville de Tshimbulu au Kasaï-central.
Au moins 400 civils et une centaine de policiers et militaires congolais ont perdu la vie dans ces violences déclenchés depuis huit mois, selon l’ONU qui déplore également une situation humanitaire inquiétante.