Esma Ben Said
08 Décembre 2015•Mise à jour: 08 Décembre 2015
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Un mois après sa réélection, le chef de l’Etat Ivoirien Alassane Ouattara a entamé, lundi, des consultations avec les Rois et Chefs traditionnels du pays, dans le but de renforcer la réconciliation nationale et la cohésion sociale, l’un des grands chantiers de son second quinquennat.
Pour cette première consultation, le chef de l’Etat ivoirien a rencontré à Abidjan , le directoire de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire et recueilli les propositions du président du directoire, Nanan Tanoé Désiré Amon.
Face au président ivoirien et à la presse, Désiré Amon a indiqué que les protagonistes "de l’affaire des biens confisqués" à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011, "doivent se rencontrer et une solution doit être trouvée" dans l'objectif de la réconciliation.
Le président du directoire a également indiqué que sur la question du dégel des avoirs (des opposants de Ouattara), les rois et chefs traditionnels "proposent que la latitude soit laissée aux responsables administratives et judiciaires de prendre les mesures nécessaires à la décrispation relative à cette question."
Au sujet des questions judicaires, Désiré Amon a fait observer que "la mise en liberté des personnes détenues du fait de la crise contribue à la décrispation du climat politique".
" Aussi souhaitons nous l’accélération des procédures d’instruction et le jugement de ces personnes et encourageont le Président de la République à exercer son droit de grâce", a-t-il déclaré.
Les Rois et Chefs ont également appelé à l’insertion sociale des ex-combattants afin de mettre fin à l’épineux problème des «coupeurs de route» ou encore à l'accélération des procédures judiciaires en cours concernant les exilés.
Après les chefs traditionnels, le chef de l’Etat ivoirien va rencontrer, dans les jours à venir, les religieux et la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes des crises survenues en Côte d'Ivoire (Conariv),a indiqué à Anadolu une source proche de la présidence.
Contacté par Anadolu, le président du collectif des victimes de la crise postélectorale, issiaka Diaby, a salué cette initiative du chef de l’Etat.
«Nous croyons en la réussite de la réconciliation nationale, parce que nous sentons que le président de la république actuel est déterminé à mener des actions en faveur de celle-ci, en passant par le respect des droits fondamentaux des victimes», a-t-il commenté.
La dernière présidentielle (25 octobre dernier) s'est déroulée dans le calme et était jugée comme «fondamentale» par bon nombre d’observateurs, pour tourner définitivement la page des violences qui avaient suivi la victoire en 2010 de Ouattara sur son prédécesseur Laurent Gbagbo et qui avaient abouti à la mort de 3 mille personnes, selon l’ONU.