Hatem Kattou
05 Août 2017•Mise à jour: 05 Août 2017
AA/Zeynep Ciftci
Une partie de l'opposition mauritanienne a décidé de boycotter le référendum de samedi sur une révision de la Constitution prévoyant notamment la suppression du Sénat, dénonçant des "fraudes massives", d'après des sources locales.
Malgré une campagne houleuse conduite par les revendications de l'opposition qui s'avéraient être quelquefois violentes, les bureaux de votes ont quand même ouvert, à 7 heures locales ce matin, pour accueillir les quelque 1,4 millions d'électeurs mauritaniens appelés à se prononcer par voie référendaire sur une révision constitutionnelle controversée, qui se tient sans observateurs.
En raison d'interventions policières musclées jeudi dernier entre ceux pour et ceux contre au projet, le bureau des droits de l’homme de l’ONU s’est dit "préoccupé" par le climat de la campagne et "l’apparente suppression de certaines voix dissidentes".
Criant au "coup de force" généré par le président mauritanien Abdel Aziz arrivé au pouvoir par coup d'État en 2008, l'opposition a engagé le boycott du scrutin d'après le site d'information local Alakhbar.
L'opposition reproche entre autres, à la Commission Électorale Nationale Indépendante d'avoir accepté l'ordre de ‘"ne pas accepter la supervision du vote par les organisations de la Société civile"‘.
Sans observateurs locaux, le pays est dénoncé par l'Union européenne qui a également refusé d'envoyer des observateurs internationaux jugeant l'organisation référendaire anticonstitutionnelle.
Pour rappel, le projet de révision constitutionnelle a créé à un climat de tension entre les partisans du président Abdel Aziz et les principaux partis politiques de l'opposition à travers des accusions respectives.
La révision porte essentiellement sur le remplacement du Sénat par des Conseils régionaux élus mais également sur la suppression du médiateur de la République et du Haut Conseil islamique.
Elle prévoit de plus une modification du drapeau national, auquel seraient ajoutées deux bandes rouges afin de « valoriser le sacrifice des martyrs » de la résistance à la colonisation française, qui s’est achevée en 1960 selon le journal Le Monde.
Le projet de la révision de la loi fondamentale a été adoptée par l’Assemblée nationale, mais rejetée par le Sénat. C'est ainsi que le chef d'état a outrepassé cette composition optant pour la voie référendaire.