Bech Takpiny
28 Mars 2025•Mise à jour: 29 Mars 2025
AA / Juba, Soudan du Sud / Benjamin Takpiny
La mise en résidence surveillée du premier vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, a suscité des inquiétudes parmi le public et la communauté internationale.
Ter Manyang Gatwech, directeur exécutif du Center for Peace and Advocacy (CPA) et militant des droits de l'homme, a déclaré que les actions entreprises par le gouvernement constituent une menace grave et pourraient ramener le pays dans un état d’instabilité.
« En tant que citoyen et militant des droits de l'homme, je suis profondément préoccupé par les événements survenus la nuit dernière, qui ont laissé les citoyens incapables de dormir dans le pays. Je demande également au président (Salva) Kiir d'inverser les actions qui sapent la confiance établie par les dirigeants précédents dans le pays », a-t-il déclaré.
Oyet Nathaniel Perieno, premier vice-président de l’Assemblée nationale du Soudan du Sud et vice-président du principal parti d'opposition SPLM-IO, a demandé la libération de Machar.
« Dans un autre retournement négatif des événements, vers 21h46 mercredi, des responsables de la sécurité nationale, de la division Tiger et des Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF), agissant sous les ordres du président Salva Kiir Mayardit, ont pénétré la résidence de Son Excellence Dr. Riek Machar Teny, le premier vice-président de la République du Soudan du Sud et président et commandant en chef du SPLM/SPLA-IO, et l’ont mis, ainsi que son épouse l'honorable Angelina Teny, ministre de l'Intérieur de la République du Soudan du Sud, en résidence surveillée à Juba », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que tout le protocole et la protection rapprochée du premier vice-président ont également été arrêtés et déplacés vers des lieux séparés.
La Commission des droits de l'homme des Nations Unies au Soudan du Sud a tiré la sonnette d'alarme sur la crise qui s'aggrave rapidement dans le pays, appelant à une action urgente et coordonnée pour protéger les civils et préserver l'Accord de paix revitalisé, pierre angulaire de la stabilité fragile du Soudan du Sud.
« Au cœur de la crise du Soudan du Sud se trouve l'incapacité à protéger les civils et à respecter les engagements de l'Accord de paix revitalisé », a déclaré Yasmin Sooka, présidente de la commission.
L'arrestation de Machar, ainsi que les affrontements militaires croissants et les attaques signalées contre les populations civiles, indique un effondrement grave du processus de paix et une menace directe pour des millions de vies, a-t-elle ajouté.
« L'incapacité à protéger les civils et à respecter les engagements de l'Accord de paix revitalisé est au cœur de la crise du Soudan du Sud. »
« Le ciblage délibéré des leaders de l'opposition et des civils représente un mépris imprudent du droit international et de l'avenir du pays », a-t-elle conclu.
Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé une profonde inquiétude concernant la détention de Machar.
Il a exhorté toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue, à s'abstenir de toute action susceptible d'exacerber les tensions et à engager un dialogue constructif pour résoudre les problèmes en suspens par des moyens pacifiques et légaux.
Le gouvernement d'unité multipartite du Soudan du Sud a été ébranlé par l'arrestation de plusieurs leaders du principal parti d'opposition, le Mouvement de libération du peuple du Soudan en opposition (SPLM-IO).
Après quatre années de conflit armé entre 2013 et 2016, toutes les parties du pays ont convenu de former un gouvernement d'unité en 2018.
Le Soudan du Sud a formé le Gouvernement de Transition Revitalisé d'Unité Nationale, ou gouvernement d'unité, le 22 février 2020, dans le cadre d'un accord signé par toutes les parties le 12 septembre 2018 dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.
Pour l'instant, aucune raison n'a été donnée par le gouvernement pour l'arrestation de Machar.
* Traduit de l'Anglais par Adama bamba