Lassaad Ben Ahmed
07 Juin 2018•Mise à jour: 07 Juin 2018
AA/ Lomé / Alphonse Logo
Empêchée de manifester dans les rues de Lomé et ses environs, mercredi, la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise a annoncé à la presse qu’elle reconduit son mouvement jeudi et samedi.
Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition togolaise a réaffirmé, mercredi soir, devant la presse que l’opposition ne peut accepter les itinéraires imposés par le gouvernement.
Il a appelé les populations à sortir massivement jeudi pour poursuivre la lutte pour la liberté.
L’opposition togolaise a aussi appelé au cours de cette conférence de presse le peuple à «se tenir prêt pour observer une journée Togo mort le lundi 18 Juin prochain».
Au début de la semaine courante, l’opposition avait appelé à trois jours de manifestations, mercredi, jeudi et samedi.
Mais un important dispositif militaire et sécuritaire a été déployé toute la journée aux 3 points de départ des manifestations et aux différents coins de la capitale pour empêcher tout regroupement de militants de l’opposition.
L’opposition comptait utiliser ses propres itinéraires contre la volonté du gouvernement qui les a modifiés pour, dit –il, «ne pas bloquer les activités économiques dans la capitale».
Selon le bilan dressé par l’opposition face à la presse, les militants de la coalition n’ont pu manifester, mercredi, que dans deux villes (Tchamba, 370 km au nord de Lomé et Anié, 180 km au nord de Lomé).
Aucun blessé n’a été enregistré à la fin de ce premier jour de manifestation. Mais des affrontements entre forces de l’ordre et des manifestants ont eu lieu à Agoe Zongo, sortie nord de la capitale.
Depuis le 19 août 2017, l’opposition togolaise manifeste contre le projet de réforme constitutionnelle voulu par les autorités.
Elle fait du «rétablissement de la constitution de 1992, le vote de la diaspora et la limitation du nombre des mandats présidentiels à deux mandats de 5 ans» une exigence.
Arrivé au pouvoir en 2005 après la mort de son père (38 ans de pouvoir), l’actuel président togolais Faure Gnassingbé est accusé par l'opposition de vouloir briguer un, voire, deux nouveaux mandats dès 2020, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’en 2034.
Pour trouver une issue à la crise, un dialogue a été initié, le 19 février, par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Ce dialogue a été suspendu à deux reprises et se trouve, maintenant, au point mort.
Facilitateurs du dialogue, les présidents ghanéens, Nana Ado Akufo, et guinéen Alpha Condé, sont chargés de "proposer une feuille de route de sortie de crise à soumettre en marge du sommet de la Cedeaoen Juin ".
Une mission a, d'ailleurs, séjourné le weekend dernier dans la capitale togolaise où elle a rencontré les deux protagonistes de la crise.
Mais l’opposition togolaise ne semble pas être rassurée et entend maintenir la pression jusqu’au départ de Faure Gnassingbé du pouvoir.