Nadia Chahed
26 Décembre 2018•Mise à jour: 26 Décembre 2018
Elle projette des nouvelles manifestations pour obtenir les réformes et une reprise des élections
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
La Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise (C14) a annoncé, mercredi à Lomé, qu'elle ne reconnaîtra pas la nouvelle Assemblée Nationale élue le 20 décembre où la majorité est détenu par le parti au pouvoir.
La C14 s'exprimait pour la première fois depuis la proclamation dimanche par la Commission électorale indépendante (CENI) des résultats provisoires des Législatives, donnant le parti au pouvoir UNIR (Union pour la République) vainqueur avec 59 sièges sur les 91 que compte le parlement.
La Coalition de l'opposition qui avait boycotté le scrutin du 20 décembre, a, en outre, annoncé la reprise des manifestations de rue à partir du 12 Janvier prochain "pour obtenir les réformes politiques, constitutionnelles, institutionnelles et électorales en vue de nouvelles élections".
"Les Togolais ont démontré leur rejet de la mascarade électorale en refusant d'aller voter. Le résultat obtenu est un plébiscite pour l'alternance. Il enlève toute légitimité et toute représentativité à l'Assemblée nationale issue de ces élections. Voilà pourquoi nous devons nous mobiliser d'avantage pour obtenir des réformes pour lesquelles nous nous sommes soulevés avant l'organisation des élections transparentes", a déclaré Jean Kissi, Secrétaire National du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), parti de l’opposition et membre de la C14, lors d'une conférence de presse tenue mercredi à Lomé.
Etaient présents à cette conférence de presse Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, et Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la C14.
"Sur la base d’une parodie de démocratie, l’ancien parti RPT devenu UNIR se maintient à la tête du pays et se proclame vainqueur au terme d’une élection frauduleuse, attribuant par intermittence, à sa guise un certain nombre de postes à quelques partis et des résultats préfabriqués", a ajouté Jean Kissi
Jean Pierre Fabre qui avait déploré la "complaisance" de la CEDEAO ( Commission économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), a accusé la CENI "d’avoir perpétré un coup de force électoral" en donnant un "taux de participation fantaisiste" de 59% alors que "la participation générale à ce scrutin ne saurait dépasser les 5% ".
Il a, en outre, indiqué que la C14 "entre dans une nouvelle forme de la lutte pour l’Alternance au pouvoir au Togo", insistant sur la reprise des manifestations de rue le 12 janvier prochain à Lomé et dans tout le pays pour, "montrer au monde entier et à cette CEDEAO à quel point les Togolais ont soif d'alternance".