Esma Ben Said
11 Novembre 2017•Mise à jour: 12 Novembre 2017
AA/Lomé/ Alphonse Logo
Le chef de l’état togolais Faure Gnassingbé, a décliné vendredi soir toute responsabilité dans les violences qui ont émaillées les manifestations anti-régime de l’opposition (CAP2015-G5-PNP-CAR-Santé du Peuple) depuis fin aout et qui ont occasionné au moins 16 morts selon l’opposition, ont rapporté samedi les médias locaux.
Depuis des semaines, plusieurs milliers de Togolais se réunissent à Lomé et dans d'autres villes du pays afin de réclamer le retour à la Constitution de 1992 -qui prévoit un maximum de deux mandats présidentiels- et le départ de l'actuel président Faure Gnassingbé.
Un départ que ne semble pas envisagé le président togolais qui s'est montré très ferme, vendredi, en marge d'une visite faite aux forces armées togolaises du camp militaire de Témédja près d'Atakpamé dans la préfecture de l'Ogou (160 km au nord de Lomé).
Selon les propos retransmis sur les antennes de la télévision togolaise tard dans la nuit de vendredi, Faure Gnassingbé, a directement accusé l’opposition d’être les seuls responsables des morts et dégâts enregistrés par le pays en marge des manifestations que le pays connait depuis le 19 août 2017.
"Ceux et celles qui organisent ces manifestations portent la lourde responsabilité des victimes que les participants ont faites et des dégâts qu’ils ont causés", a dit Faure Gnassingbé.
Rappelant la mort de deux militaires à Sokodé (338 km au nord de Lomé) lors de violents affrontements entre forces de défenses et les manifestants qui ont éclaté le 17 octobre dernier, le président togolais a souligné que "le sergent Helim Aklesso et le caporal chef Atcham Natchamba Simzing, ont été lynchés et décapités par un groupe d’individus organisés et préparés à cet effet".
Après leur avoir rendu hommage, estimant "qu’ils sont allés au bout de leur engagement au service de la paix que veut le Togo", le chef de l’état togolais s’est montré très ferme quant à l’issue à donner à cette affaire.
"Leurs assassins sont activement recherchés et tout sera mis en œuvre pour les retrouver où qu’ils se trouvent, les juger et les châtier conformément aux lois de notre République ", a insisté Gnassingbé.
Il a, par ailleurs renouvelé sa "confiance totale" à l’armée togolaise.
"Sous la conduite de vos chefs, j’ai la conviction que vous vous comporterez toujours en soldats responsables face aux provocations et aux menaces de toutes sortes. Je sais pouvoir compter sur votre courage et votre sens du devoir pour relever tous les défis qui vous seront lancés et que sans faiblesse nous serons ensemble pour répondre à toutes menaces ou actions terroristes qui pourront toucher notre nation," a dit Faure Gnassingbé.
Faure Gnassingbé est arrivé en 2005 au pouvoir à la suite de la mort de son père Gl Gnassingbé Eyadema qui est resté au pouvoir 38 ans, avec l’aide de l’armée.
Les violences qui ont émaillé cette période ont fait au moins 500 morts selon les Nations Unies.
Après 3 jours de manifestations la semaine dernière, l’opposition togolaise appelle à de nouvelles manifestations de rue dans tout le pays la semaine prochaine du mardi au samedi. L'oppositin qui n'a pas encore réagit au propos de Gnassingbé continue de réclamer son départ.