Mounir Bennour
18 Avril 2023•Mise à jour: 20 Avril 2023
AA / Tunis / Mounir Bennour
La police tunisienne a arrêté trois éminents membres du principal parti d'opposition Ennahdha, en ce mardi, et ce, quelques heures après l’arrestation du chef du parti Rached Ghannouchi, survenue dans la journée du lundi.
L’arrestation de Mohamed Goumani, Belkacem Hassan et Mohammed Chnaiba, a été confirmée par des officiels du parti tunisien. Selon les déclarations d’un officiel du parti à la presse, la police a fait une descente au siège du parti Ennahdha tôt dans le matin de ce mardi durant laquelle elle a procédé à l’évacuation des membres présents sur les lieux avant d’entamer une perquisition autorisée par un mandat judiciaire.
D’après un responsable du ministère de l'Intérieur, Rached Ghannouchi avait été amené pour interrogatoire et son domicile avait été perquisitionné sur ordre du procureur chargé d'enquêter sur le contenu d'une vidéo fuitée, dans laquelle il évoquait le risque d’une guerre civile en Tunisie, en cas d’élimination de toute composante politique.
Rached Ghannouchi a, en effet, déclaré lors d'un meeting de l'opposition samedi : "La Tunisie sans Ennahdha, sans l'Islam politique, sans la gauche, ni aucune autre composante, est un projet de guerre civile".
Selon le vice-président du parti Ennahdha, Mondher Lounissi, lors d’une conférence de presse, Ghannouchi aurait été emmené dans une caserne de police pour interrogatoire et ses avocats n’ont pas été autorisés à assister à la procédure.
Plusieurs personnalités politiques tunisiennes d’opposition avaient été arrêtées sur fond d’accusations de complot contre la sécurité de l'État à un moment où plusieurs voix se lèvent pour dénoncer une dérive autoritaire du président Kaïs Saïed.