Yosra Ouanes,Iyad Nabolsi
13 Juillet 2023•Mise à jour: 13 Juillet 2023
AA / Tunis / Yosra Ouanes
Des dizaines de Tunisiens se sont rassemblés devant la Cour d'appel de Tunis, jeudi, pour exiger la libération d’opposants politiques et de personnalités emprisonnés dans le cadre de l'affaire dite du « complot contre la sûreté de l’Etat ».
Lors de ce rassemblement de protestation organisé à l’appel du « Front de salut national » (FSN), principale coalition de l’opposition, les manifestants ont scandé des slogans, tels que : « Libertés, libertés... Vive le barreau », « Unité nationale contre le populisme » et « Nous tenons plus que jamais à la libération des détenus », rapporte la correspondante d’Anadolu.
« Ce rassemblement a permis de réunir pour la première fois depuis le 25 juillet 2021, toutes les composantes politiques », a affirmé le porte-parole du parti Républicain (parti Al-Jomhouri), Wissam Sghaier.
À cette date, le président tunisien, Kaïs Saïed bouleverse l'échiquier politique. Evoquant un « péril imminent », le chef de l’État impose des mesures d’exception pour « sauver l’État de l’effondrement », dont entre autres, la destitution du gouvernement, la nomination d'un nouvel Exécutif, la dissolution du Parlement, et la promulgation de lois par décrets présidentiels.
Plusieurs forces politiques et sociales tunisiennes, rejettent les mesures de Saïed, qu'elles considèrent comme étant « un coup d'État contre la Constitution » de 2014 et une consécration d'un pouvoir absolu, tandis que d'autres partis les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une « restauration du processus de la Révolution » de 2011, qui avait fait chuter l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).
Wissam Sghaier a estimé que ce rassemblement était « un message à l’adresse de Saïed selon lequel l’autocratie et la persécution d'opposants ne peuvent que rapprocher les points de vue et renforcer l'unité (...) et que le pouvoir politique doit renoncer à sa mainmise sur le judiciaire ».
Jeudi, la Cour d'appel de la capitale examine une demande présentée par le comité de défense pour libérer les dirigeants politiques détenus dans le cadre de l'affaire dite du « complot contre la sûreté de l'État ».
Le 14 février dernier, le président Saïed, avait accusé certains des prévenus d’être impliqués dans un complot contre la sûreté de l’Etat, les tenant, en outre, pour responsables de la pénurie des produits de base et de la flambée des prix, des accusations toutefois rejetées par l’opposition.
Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi et les figures de l’opposition Chaima Issa, Jaouhar Ben Mbarek, Khayam Turki, Issam Chebbi, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Lazhar Akremi, et Abdelhamid Jelassi, sont détenus dans le cadre de cette affaire.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail