Qualid Filsde Mohamed Chine,Yosra Ouanes
30 Novembre 2018•Mise à jour: 30 Novembre 2018
AA/ Tunis
Le mouvement tunisien Ennahdha, a souligné, vendredi la nécessité de préserver la neutralité des institutions de l'Etat et de les tenir à l'écart des conflits partisans, politiques et électoraux.
C’est ce qui ressort d’un communiqué diffusé par le bureau exécutif d’Ennahda, dont Anadolu a pris connaissance.
La veille, le président tunisien Béji Caid Essebsi avait considéré qu’un précédent communiqué d’Ennahdha recèle une "menace pour la présidence".
Le mouvement Ennahdha (68 députés sur 217) a réaffirmé, vendredi, sa confiance dans l’attachement du président Caid Essebsi « à assurer le respect de la constitution, garantir la suprématie du droit et à s’élever contre les pratiques susceptibles d’impliquer des institutions de l'Etat dans des tiraillements ».
En outre, Ennahdha a appelé les forces politiques et sociales à «être attentives aux dangers qui menacent le processus de transition, en raison du degré élevé de polarisation politique» .
Le mouvement a appelé à faire prévaloir l’intérêt national sur les intérêts partisans, invitant à tenir compte des « préoccupations réelles des citoyens ».
Par ailleurs, le mouvement tunisien a mis en garde contre l’approfondissement de la crise de confiance entre les acteurs politiques et le grand public, qui serait susceptible "d’entraver le succès du processus de transition démocratique et de porter atteinte au caractère unique de l'expérience tunisienne".
Hier jeudi, le président de la République tunisienne, Béji Caid Essibsi avait déclaré : "le communiqué du mouvement Ennahdha diffusé mardi au sujet de sa réunion tenue lundi, avec le comité de défense de Chokri Belaid et de Mohamed Brahimi, assassinés en 2013, recèle une menace contre la présidence de République".
Ennahdha avait mis en garde, mardi dernier contre le risque d'impliquer l'institution de la présidence de la République dans les questions relevant du pouvoir judiciaire, réaffirmant son attachement au consensus avec le président Béji Caid Essebsi et les différentes forces politiques.
Lors d'une conférence de presse tenue en octobre dernier, le comité de défense de Chokri Belaid et de Mohamed Brahimi, avait accusé le mouvement Ennahdha d’avoir formé un "organe secret" impliqué dans des assassinats politiques. De son côté, le mouvement Ennahdha a rejeté ces accusations.